jeudi 15 décembre 2011
Chocolat ............................
lundi 12 décembre 2011
et la vie continue.....
mercredi 23 novembre 2011
Elle nous a quitté...
samedi 19 novembre 2011
et la vie continue...........
Hier, un nouvel appareil installé près de son lit avec un long tuyau : un humidificateur d'air....
Elle a la bouche sèche et on lui fait quotidiennement des soins de bouche avec une sorte de gros coton tige...hier, il lui ont passé du gel à l'intérieur de la bouche et malheureusement la déglutition l'a fait étouffer...
c'est impressionnant, car elle n'a plus la force d'expectorer.....
C'est aussi pour ça qu'ils ne la nourrissent plus...trop de fausses routes...elle a du glucose, mais ça aussi ils vont le réduire car ça passe aussi dans les poumons parait il...
Ils lui ont fait un massage des jambes (qui ont diminué de moitié) et des pieds.....
encore une nuit courte pour moi...je m'endors très tard, attendant le coup de fil ........et même endormie, mon esprit veille ! ce qui fait que le matin , j'ai l'air d'avoir été tirer mes 8 heures à l'usine ! je prends du poids parce que j'angoisse, et que je mange n'importe quoi.....
Je me suis rendue compte que "l'homme" avait beaucoup moins d'importance dans ma vie...Il continue sans doute toujours à faire des conneries, mais curieusement ça ne m'atteint pas....
je suis blindée question anxiolytiques et je pense que ça joue sur mon indifférence quant à ses actions !! .
Je dirais même que notre relation est apaisée...souvent le samedi, on va se manger un sandwich en terrasse et on file à l'hôpital, où il passe 3 heures à côté de moi.....
Il respecte "ma non-envie" de bouger, d'aller au ciné ou ailleurs...il sent que je dois me racrapoter sur moi même pour continuer à avancer.....
voilà....un petit bout de vie....mais c'est ma vie; centrée uniquement sur ma soeur pour l'instant.....
mardi 15 novembre 2011
Elle résiste comme un bon petit soldat......
Pas de stress; pas d'impatience.....
Ma soeur , elle , râlait dans les files des magasins....chaque fois qu'il fallait attendre, au restaurant, en voiture....elle s'impatientait....
Elle souffre depuis des mois de cette attente....elle s'impatiente parce qu'elle ne guérit pas, elle s'impatiente parce que le VSL arrive en retard....parce que le radiologue l'a prend 5 mn en retard, parce que les infirmières n'arrivent pas dans les 5 secondes après son coup de sonnette.....
Actuellement, elle n'a plus les moyens de s'exprimer, puisqu'elle ne peut plus parler...mais jusqu'à hier, elle a manifesté son impatience en tapant avec sa main gauche sur le drap....
Lorsque je ne comprenais pas ce qu'elle disait, elle tapait .....lorsque le goûter n'arrivait pas à 16h tapante, elle tapait......
Aujourd'hui.....rien....et cette main qui parfois m'énervait, car je ne pouvais pas comprendre qu'on s'énerve pour des broutilles, à présent ça me manque...
Durant trois heures, je lui ai fait écouter de la musique avec mes écouteurs...l'un dans mon oreille, l'autre dans la sienne....aucune réaction...mais j'aime à croire que nous avons partagé un doux moment avec ces chanteurs que nous aimions....parfois l'apnée était plus longue, mon souffle cessait en même temps que le sien..et je reprenais ma respiration bien plus vite qu'elle.....
Je sais bien qu'elle n'est plus consciente, mais je crois que lorsque ce sera mon tour, j'aimerais bien que quelqu'un me fasse écouter de la musique....Tous les soirs lorsque je pars, les infirmières, inlassablement , me demandent si elles doivent m'appeler si ça arrive la nuit, et tous les soirs inlassablement je leur fait la même réponse...Bien sur qu'elles doivent m'appeler, bien sur que je veux être là...
Ce soir, c'était une petite nouvelle....après les mêmes questions et les mêmes réponses, elle m'a demandé si j'avais pensé à lui apporter des vêtements...bien sur lui ai je dit...
Pouvez vous me montrer ce qu'on doit lui mettre?? J'ouvre l'armoire et lui montre le tailleur, les collants , le foulard pour mettre autour de son cou et un bonnet de laine...
pourquoi voulez vous lui mettre un bonnet me demande t elle?
Ben ; pour pas qu'elle ait froid pardi....
Elle avait l'air étonnée...mais je m'en moque, elle ne partira pas avec le crâne nu....elle partira avec son bonnet préféré....
samedi 12 novembre 2011
On va vers la fin...........
je suis recouverte d'une blouse, de gants....très désagréables les gants, car je ne peux pas la toucher...dès que je mets ma main sur la sienne , elle sursaute....le caoutchouc, c'est froid.....
L'infirmière m'a fait comprendre que ce serait peut être pour cette nuit, ou demain.....Elle ne se nourrit plus depuis 3 jours.....
Toute l'après midi, je lui ai parlé...l'ai rassurée, lui ai dit qu'elle pouvait partir...tout doucement....que j'étais là, près d'elle....
je lui ai rappelé les souvenirs heureux, lui ai raconté que tout le monde l'attendait "la-haut", qu'elle pouvait se reposer , qu'elle allait faire un beau voyage.......
Je lui ai dit au revoir, que je l'aimais et que je suivrais ses volontés comme elle me l'a demandé....
Je suis apaisée, en accord avec moi , je n'ai pas besoin d'être là , elle n'est déjà plus là.......
J'ai préparé ses affaires, comme elle le voulait....Un tailleur d'hiver, robe et veste qu'elle adorait....
Il est dans sa chambre, sur son lit.....je vaporiserai de mon parfum dessus ..... Elle partira avec mon odeur....
jeudi 10 novembre 2011
Elle trotte dans ma tête ..........
Porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir où personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer, même trop, même mal,
Tenter, sans force et sans armure,
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête,
Suivre l'étoile
Peu m'importent mes chances
Peu m'importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l'or d'un mot d'amour
Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon cœur serait tranquille
Et les villes s'éclabousseraient de bleu
Parce qu'un malheureux
Brûle encore, bien qu'ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s'en écarteler
Pour atteindre l'inaccessible étoile.....
jeudi 3 novembre 2011
Trop...! c'est trop !
jeudi 27 octobre 2011
c'est dur.............
vendredi 21 octobre 2011
c'est l'hôpital psychiatrique pour elle......
mardi 18 octobre 2011
Le Mardi c'est permis........
Ma mère fait appel à son frère, celui qui habite Marseille, celui qui a un « bon poste » lui…C’est pas comme mon père ….Mon frère, Il ne s’est jamais Sali les mains LUI, il travaille dans un bureau…Crie ma mère à qui veut l’entendre !!
C’est le mois de juillet, grandes vacances, et qui on voit arriver ? le tonton, la tata, et les deux enfants….La voilà, la merveille des merveilles, le frère Zorro, le frère « je vais te sauver ma sœur », enfin, DIEU quoi……
Tout juste si on doit pas s’incliner… Moi, j’me dis qu’il va régler le problème et je suis déjà pleine de reconnaissance pour le tonton sauveur .
Je ne sais pas ce qu’il fait, mais on a une espèce de sursis…..plus rien dans la boite au lettres....
Je dors avec ma cousine, je lui en parlerais bien, mais comment aborder ce genre de chose ? Ce n’était pas comme maintenant ! Le N° vert…On connaissait pas à l’époque !
Cette nuit là, j’entends la porte s’ouvrir et mon oncle qui se glisse sous les draps…Je n’ose bouger un cil, sa fille est à côté de moi et il ose tout de même….Je raconte ça avec des mots aujourd’hui, à l’époque je ne savais pas comment le dire….Tout ce dont je me souviens , c’est la peur, je suis morte de trouille.. Je crie…Il se lève et pars avec une rapidité qui me fait penser qu’il a l’habitude.
Ma cousine se réveille, « tu as fais un cauchemar me demande-t-elle ? » que répondre à ça ? je suis une petite fille, j’ai peur, il fait noir, personne ne peut me sauver….et toute la journée, tous les jours que Dieu fait, il me coincera consciencieusement , au nez et au vue de tout le monde…A table, il se met à côté de moi, glisse sa main dans ma culotte, je m’étrangle.. Me sauve…cours aux toilettes, vomis ce que je viens de manger….
Ma mère s’inquiète, mais je la vois si heureuse au contact de son frère, que je n’ose même pas imaginer lui dire quoique ce soit…
Un jour, elle m’envoie à la cave chercher des œufs, à l’époque nous les conservions à l’intérieur d’un immense pot en grés, dans un produit gluant qui ressemblait à de la fraye de grenouille, il fallait plonger son bras jusqu’en haut pour pouvoir les prendre…
Je descends et l’oncle est sur mes talons, je me mets à trembler sachant ce qui m’attend, il me bloque contre le mur et essaie de baisser mon short….je baisse les yeux et je vois mes jambes couvertes de « trucs » noirs……Des puces !!!!!!!! la chatte avait fait ses petits et la cave était infestée de puces.. J’étais couverte de puces, je pousse un hurlement qui me casse la voix, mon oncle se demande ce qui se passe et je lui échappe en sanglotant…
Je suis hystérique, je m’arrache les cheveux, j’ai peur des puces…De mon oncle, de tout…Ma mère me récupère en pleurs, impossible de me calmer, elle entend le mot puces et regarde mes jambes, effectivement ça grouille…Elle me met dans la baignoire et ouvre le jet…
Je ne veux plus descendre à la cave je sanglote, si tu m’y envoies encore je me sauverai…Ma mère rit, elle hurle de rire, et le tonton apparaît se met à rire avec elle et je sens que je tombe…..
Je ne me suis pas assommée mais presque ! Une fièvre de cheval, rien ne la fait descendre, ni le Diénol, ni le bain, ni rien….J’ai peur.. je claque des dents…Que d’histoires pour quelques malheureuses puces dit ma mère !
On me fait coucher dans la salle à manger pour ne pas gêner ma cousine, je suis en transe, je m’endors et je fais des cauchemars horribles, mon père accourt et reste auprès de moi, il me met des mouchoirs mouillés sur le front…..
Mon oncle a le culot de venir , voit mon père et s’approche de mon lit, compatissant, proposant de payer le médecin…Je me mets à hurler, la température monte…Mon oncle réintègre sa chambre, je me calme….
Il leur reste 2 semaines de vacances, comment je vais faire, je m’épuise dans une bataille de grands.. A l’aide !
Mon beau-frère, passe me chercher un matin avec sa voiture pour aller garder ses gosses…. Je monte à l’arrière, et avant qu’il ne démarre , mon oncle ouvre la portière côté passager et s’installe…..
Je ne suis pas rassurée, mais mon beau-frère est là….Mon oncle se tourne vers moi, pas de ceinture à ce moment là.. ou je ne m’en souviens pas.. Là n’est pas le propos d’ailleurs…. Je sais pas si je peux le dire, c’est tellement énorme, mais il glisse sa main dans ma culotte et mon beau-frère en fait de même…. Complices comme cochons, je hurle, je tire la portière qui s’ouvre d’un coup.. Mon beau-frère pile net, je sors de la voiture et cours.. cours… cours…
La dame, gentille essaie de me calmer, elle croit que je me suis fais mal en tombant, je ne la détrompe pas… que dire ? que j’ai envie d’être morte ? qu’on me fait de vilaines choses, que deux hommes en même temps me font du mal….
Qui va me croire, même moi je ne me crois pas !
Il faut que je parte, ailleurs, mais où ? je demande à la dame comment on fait pour aller chez le curé, et gentiment la dame m’accompagne… Heureusement, l’abbé qui m’a suivie pendant tout mon catéchisme est là.. je vacille jusqu’à lui et tombe à ses pieds, en larmes, hystérique…. Il ne m’a jamais vu ainsi, s’affole, me fait rentrer dans son bureau. Comment lui expliquer, je n’ai pas les mots, c’est pas un homme comme tout le monde, est-ce qu’il va comprendre…
Ma mère éberluée me dit : « tu n’étais pas en train de garder les gosses ? »
Ces deux ordures leur avaient dit qu’ils m’avaient laissée avec les gosses… « non, ma sœur est rentrée et elle s’en est occupée…J’ai pu aller voir l’abbé… »
Les jours suivants, mon oncle a paru se calmer, j’ai coincé ma mère dans un coin pour lui dire, que le tonton il « essayait » de faire des choses avec moi.. Elle m’a regardée et elle a dit « tu dois rêver ma fille, arrête de dire des vilaines choses…. » Mais je te jure maman, il essaie de baisser ma culotte…..
Elle crie, hurle que je suis une menteuse….Je ne vais pas plus loin, c’est inutile, je n’ai pas envie d’un drame à la maison.
Le bon tonton n’avait pas réussi à arrêter le processus très longtemps !!! (au fait, le bon tonton a voulu revenir à Pâques, et c’est ma mère elle-même, qui a dit non. Elle n’a jamais donné d’explication…Elle a dit non c’est tout.)
Donc, dans le temps, on n'avait pas à donner de préavis, on n'avait pas besoin de faire des centaines de papiers, il suffisait qu’on trouve une personne qui veuille bien déménager avec nous et on échangeait les appartements. Mon père en avait trouvé un, en ville, 2 chambres une salle à manger, une minuscule cuisine, sans wc et sans salle de bain .35m2 à tout casser
les HLM qu’on habitait, nous les avions occupés les premiers, on avait une cuisine, salle à manger 3 chambres 1 salle de bain et des wc. 2 grands balcons…Un immense jardin… Ca allait nous changer ! on n’avait pas le choix, il fallait y aller !
Les gens qui devaient prendre notre suite, apportait tous les jours un peu de leur déménagement, ils en mettaient dans les caves, dans l’appartement, ce qui fait que le jour du déménagement tout était là. Nous, on a fait le déménagement avec une camionnette, un copain de mon père, et lorsque nous sommes arrivés à l’adresse prévue……. L’appartement était déjà occupé !!
Ma mère qui n’a certainement rien compris de ce que le médecin lui a expliqué, me donne la poudre directement dans la bouche, je crie, je pleure…La fièvre augmente…A l’époque pas de téléphone pour rappeler le toubib pour lui demander conseil…
Chaque fois qu’elle approche de moi pour me donner mon médicament , c’est les grandes eaux…. je pleure tellement, que même mon père lui interdit de m’approcher…ça fait une semaine que je n’ai pas mangé, ma mère n’en peut plus. Un jour , en ville , elle rencontre l’abbé, mon abbé, et elle lui parle de ses difficultés à me faire prendre mon médicament…
Je viens avec vous dit le brave homme…. Et là………. je vois l’abbé dans l’encadrement de la porte…Lui ne me voit pas, il voit le papier peint déchiré, la moisissure, le plancher troué à divers endroit…. Il me regarde, s’approche de mon lit et me prend la main…je sens qu’il est ému…j’ai de la fièvre, il faut te soigner ma grande, il prend le flacon de poudre et lit la notice….
On dilue la poudre, et l’abbé me donne la première cuillère…qui passe toute seule, juste un peu chaud dans la bouche mais rien de commun avec la poudre à l’état pur…je pleure de soulagement.. L’abbé me serre la main, pourquoi ne m’as-tu jamais rien dit sur tes conditions de vie ?impossible de répondre, d’abord, c’est pas moi qu’il doit plaindre, moi je suis barrée en internat une bonne partie de l’année…C’est eux, mon père, ma mère, ma sœur…..
Il se penche et me dit , je te jure que ça va changer, je te le jure ! Soignes toi, je reviens dès que possible…
Un jour, on entend toquer à la porte, ma mère ouvre et trouve 3personnes dans le couloir…L’abbé, une assistante sociale et un adjoint au maire.
Ils rentrent, je suis toujours couchée, un peu pâle, l’abbé s’approche et me dit « je t’avais promis de revenir très vite…. Puis, il s’adresse aux 2 autres personnes , et leur demande de visiter« notre palace »…. j’ai honte, le seau hygiénique n’a pas été vidé et ça sent……. J’ai envie de me cacher sous les couvertures, de ne plus les voir…et là, merveille des merveilles, l’assistante sociale traverse le plancher… les pauvres planches disjointes n’ont pas résisté à son poids . Elle crie de peur, mais elle n’ira pas bien loin, y a rien en dessous…Nous on les compte plus les fois où on traverse ! on les compte plus les plaques pour réparer les dégâts…
L’adjoint l’a soutient du mieux qu’il peut…L’abbé en rajoute, les emmène derrière, vers la rivière, leur montre les dangers de la maison éboulée, les rats…..
Ma sœur qui patauge parmi les étrons…. leur conciliabule sera très court, l’abbé revient me voir, et me dit :
L’abbé revient avec quelques jeunes de la paroisse et tout se fait tellement rapidement que j’ai tout juste le temps de sortir de mon lit !!!!
C’est sûr, ce n’est pas le luxe, mais le logement est sain. Tout près de là, à la maison du peuple, on a la possibilité d’aller prendre des douches. C’est payant, mais ma sœur et moi, en prenant la même on fait des économies…Toujours le seau hygiénique…Mais ça on n’y peut rien.
L’abbé est là, avec les deux autres…. l’adjoint au maire : « Vous savez, on imaginait pas dans quel état c’était…. Il fallait venir nous le dire, on est désolé…N’empêche que chaque mois la mairie encaissait bien le loyer pour ce taudis, 100 Francs je crois…. Quand on avait du retard, on recevait des semonces au courrier…..Je ne me gêne pas pour le leur dire, l’abbé dit qu’il va en parler dans le bulletin paroissial…. Que tous les mal logés lèvent le doigt !
On devrait demander au correspondant local de venir faire des photos…dit l’abbé…Je vois l’adjoint pâlir…. Mr l’abbé, j’ai fait ce que j’ai pu, si on avait su plus tôt ce qui se passait…..Bien sûr qu’il a raison cet étron, c’est de notre faute, on avait qu’à aller se plaindre…. C’est sûr qu’avec la dette qu’on avait aux HLM, on nous aurait donné un logement de premier ordre…Quand on nous a casés dans ce taudis, on nous a dit qu’on avait de la chance d’avoir un toit !! et quel toit ! Les pauvres ne parlent pas monsieur…. Ils encaissent !
L’abbé est en colère, je le vois à ses lèvres pincées, à sa pâleur…. C’est une honte, je vous préviens que j’en parlerai au sermon dimanche, vous pouvez le dire autour de vous…….
Je prends l’abbé à part et je lui dis : «ne citez pas de noms, on a suffisamment la honte comme ça…. » Ne t’inquiète pas, c’est pas vous les coupables , relève la tête et ne baisse pas les yeux…. Ma mère pleure dans son coin, mon père a l’œil qui brille…..tu vois papa, ça y est, on y est dans l’appartement que tu nous avais trouvé….
On commence à s’installer, tout le monde nous aide, le souvenir qui est le plus fort pour moi, c’est cette solidarité des gens entre eux…Ils ne sont pas riches, non…Ils ont juste du cœur, et l’aide qu’ils nous apportent me donne de l’espoir.
Toute les personnes qui sont là, c’est autant de mains tendues, c’est une force qui soulève des montagnes….Il a fallu que j'écrive tout ça, pour que vous compreniez l'influence que l'abbé a eu sur moi.....
C’est plus dur de trouver ce genre de personne maintenant, on préfère faire les chèques aux assocs ou pour le tsunami…C’est plus facile que de regarder à côté de chez soi. Je pense avoir gardé ce côté « je donne…. », ce qui fait que parfois je suis considérée comme une retardée ! Les gens n’aiment pas qu’on leur donne, ils se sentent redevables…et vous en veulent de ne pas pouvoir rendre…On s’en fout qu’ils rendent, on fait pas les choses pour ça . S’ils savaient le plaisir qu’on ressent quand on donne un coup de main, quand on tend l’oreille aux misères, quand on trouve une solution là où il n’y en avait pas, quand on regarde les autres, tout simplement…. J’ai de la chance, les gens qui me sont proches répondent bien à ce genre de sollicitation.
L’abbé, tout seul, a soulevé la poussière sur le bureau du maire, il a fait souffler un vent de colère qui a permis à plein d’autres de se retrouver dans de meilleures conditions de vie…Son sermon a été magistral, l’article est bien paru dans le bulletin ……Quelques mois après, les bulldozers détruisaient ce nid à rats qui fut notre foyer durant presque 3 ans……
L’abbé m’a encore plus d’une fois sauvée la mise, il m’a appris à éviter la haine, (ce fut parfois difficile), il était très malade et avait besoin d’être dialysé chaque mois…Et pourtant , il a repris son bâton de pèlerin et il est parti dans une grande ville du sud de la France afin d’aider les drogués, il a vécu dans la rue avec eux, donnant tout son temps, tout son amour, les tirant de toutes ses forces, il en a sauvé qq uns mais il en perdu plein d’autres….. Jamais il n’a perdu courage, dialysé lorsqu’il avait le temps…. Il est mort, jeune, il avait 42 ans…. je lui rends hommage aujourd’hui, c’était un grand homme et pourtant on n’en n’a pas parlé dans les journaux…..salut mon abbé....
lundi 17 octobre 2011
Ce n'est pas encore l'heure de l'acceptation...
mercredi 12 octobre 2011
ceci est son testament.....
MOI: c'est super bien ! et tu es restée un peu dans ton fauteuil?
Je ne sais pas quoi faire.....
lundi 10 octobre 2011
Dialogue de sourds...................
samedi 8 octobre 2011
Moi, j'abandonne .......
4 années de dépression....Il me manque 4 années à ma vie...
j'ai vécu ces années au ralentis, dans le brouillard, avec une seule envie en tête : mourir....
Alors, j'ai tenté le coup ! après une centaine de cachets, et un réveil nauséeux aux urgences; j'ai beaucoup travaillé avec un psy merveilleux, qui est malheureusement parti à Genève après six mois de psychothérapie....
Il m'a donné des clés mais pas toutes ! et j'ai encore des réveils douloureux.....
j'ai des périodes où "ça" me submerge à nouveau.....alors j'augmente mes doses de cachets; parfois ça marche et parfois non....
là, ça fait deux semaines que je suis border line....je le sens dans mes os, dans ma tête, dans ma peau...Je serre les dents, mais ça monte....ça monte.....ça monte....
Et je dois penser à ma soeur..... elle traverse une phase où elle vit très mal son hospitalisation et où elle m'en veut...
Aujourd'hui, j'ai dû appeler mon amie Manue en catastrophe, je ne me sentais pas capable d'aller faire des courses et d'aller voir ma soeur , seule.....
Heureusement, elle est toujours là, prête à partir en guerre contre mes démons !
à notre arrivée à l’hôpital , je suis accueillie par un oeil noir....pas de sourire...Elle me regarde comme si elle ne me reconnaissait pas...elle se force à sourire à Manue, mais on sent sa colère...
Contre quoi, contre qui est elle en colère?
Plusieurs infirmières se présentent dans la chambre....Une, se présente car elles ne se connaissent pas....elle est à peine polie avec elle, et elle lui fait comprendre qu'elle veut être avec moi.....Une autre vient lui proposer un massage : ça ne m'intéresse pas...j'en ai eu un hier, ça m'a rien fait.....sans un sourire, sans un regard aimable...
C'est moi, qui me sent obligée de les remercier pour leur gentillesse......
Une autre vient lui proposer un goûter..."je veux rien"....
La jeune femme nous propose un café, un jus de fruit, que nous acceptons mon amie et moi..... j'en suis malade de la voir se comporter aussi mal....Ce n'est pas son genre pourtant ...
Que lui arrive t il ?
Enfin , elle accepte du fromage et du pain.....Deux personnes la remontent sur ses oreillers, l'installent confortablement ....
à peine sont elles sorties , qu'elle nous fait comprendre que c'est du pipeau tout ça! que la plupart du temps, elle est toute seule....Elles font ça parce que vous êtes là....
J'ai du mal à l'admettre....Elles me semblent toutes sympas, aux petits soins avec elle....
Que croire? que penser ?
Et je suis là, avec mon mal être...avec mon mal de vivre...heureusement, Manue est là..Quelles sont les phases qu'on traverse lorsqu'on est en fin de vie????
Elle ne veut pas savoir qu'elle est en fin de vie...Doit on lui dire afin qu'elle se prépare? doit on continuer à lui faire croire "qu'ils" vont trouver un médicament qui va lui redonner des forces ? Je ne sais pas....
Je vais prendre rendez vous avec la psy du service afin de savoir ce qu'elle en pense...Car moi, je ne sais pas quoi faire......
jeudi 6 octobre 2011
Anecdote suite au mardi de Pödane.......
C'est la rentrée ....à mon époque, on continuait après le cm2....on ne rentrait pas tout de suite en 6ème...j'ai donc fait le cours fin d'étude 1 et le cours fin d'étude 2...et ensuite "certificat d'études primaires".....
Après, ce fut le grand saut...mais encore une fois, on nous faisait sauter la sixième et on entrait directement en 5ème.....en tout cas, ce fut le cas pour nombreux d'entre nous.....
Malgré tout, certains élèves n'avaient pas fait le même parcours et étaient entrés en 6ème normalement, ce qui fait que par rapport à eux, nous avions du retard , surtout en Allemand qui était la langue obligatoire.....
Donc, me voilà, perdue dans ce grand collège, persuadée que je ne vais pas y arriver...j'ai perdu mon cocon, mes petites habitudes, mes maitresses......
On nous donne un prof principal.....Monsieur C .... C'est la première fois que j'ai un homme qui va me faire cours...On se retrouve dans une salle et il nous explique la vie du collège...
Moi, je n'ai d'yeux que pour lui.....je bois littéralement ses paroles !
Il a entre 35 et 40 ans et à me lire on doit penser que c'est l’Apollon du belvédère !!
Pas du tout ! Il est petit, brun , il a l'oeil gauche qui s'égare....on ne peux pas dire qu'il soit beau , ni même séduisant....
Mais il a une voix...et c'est sa voix qui va m'envouter jusqu'en 3ème ! Je l'ai donc en Français, histoire et Géographie......Les filles se moquent de lui car il louche et les garçons parce qu'il semble frêle et sans autorité.....Ils comprendront vite que ce n'est pas le cas!!
Et moi, je ne dis rien... je le regarde...j'écris ses initiales dans un coeur percé d'une flèche, sur tous mes cahiers...R . C........
Tout de suite, je me fais remarquer en Français....je resterai 1ère dans cette matière jusqu'au bout..... Je suis une des seules qui lit, et il le remarque tout de suite....Il va donc me guider durant ces trois années, me conseiller des livres, me demander ce que j'en pense.....
Ces trois années, je m'en souviens comme si c'était hier ! j'écrivais mon journal, et je ne parlais que de lui... Ce fut le premier homme de ma vie! Lui, n'a rien remarqué, ou il devait être habitué à ces emballements enfantins.....
J'ai quitté la 3ème le coeur gros, je l'ai quitté "lui"....pour un autre lycée , dans une autre ville....
Et la vie a passé....
J'ai travaillé une vingtaine d'années dans une association comme économe gestionnaire....On y recevait des jeunes placés par la Dass et la PJJ....
Je me suis bien éclatée dans mon boulot et un jour, j'ai reçu la médaille du travail...pour 15 années de bons et loyaux services !!
Nous nous sommes retrouvés dans une immense salle, car nous étions une quarantaine à être récompensés....
Je suis au deuxième rang, assise, et devant moi, tous les membres de l'association: le trésorier, le secrétaire, le directeur.....que du beau monde quoi !!
Mon oeil se fixe sur la nuque qui est devant moi.....je me penche, voit un profil....j'ai l'impression de rêver, mais il me semble bien le reconnaître....je reconnais même sa veste (enfin, ce n'est plus la même qu'à l'époque hein !!) mais dans le même style...des ronds en cuir aux coudes....
Gonflée, je lui tapote l'épaule, et c'est l'éblouissement....c'est lui, c'est mon prof....35 ans après !!
Il me regarde et il dit mon nom....oui, 35 ans après il dit mon nom...pas mon prénom, car à l'époque on nous appelait par notre nom....
Je suis époustouflée! Mais qu'est ce que vous faites ici??? eh bien je suis le secrétaire de l'association...
Et voilà que tout d'un coup j'ai une illumination.....dans toutes les notes, dans tous les comptes rendus , il y a une signature et un nom....à chaque fois, que j'ai lu une note et vu ce nom, j'ai pensé à mon prof, mais pas une minute je n'ai imaginé que ce pouvait être lui.....
Je le regarde, passionnément..Il n'a pas changé....son oeil part toujours en vadrouille et ça m'attendrit....J'ai envie de le prendre dans mes bras....
Vient le moment de la remise des médailles.....C'est mon tour...Il se lève et demande au Directeur s'il peut me la remettre...
Je m'avance vers lui, il prend le micro et dit :
Je vous présente une de mes élèves...Je l'ai suivie durant trois ans, et ce fut un réel plaisir de guider ses pas...aujourd'hui, je suis fier de lui donner cette médaille, et je suis ravi de voir le chemin qu'elle a parcouru.....
Je ne peux pas m’empêcher de prendre le micro à mon tour...et c'est la larme à l'oeil, que je dis :
"Monsieur C...a été le meilleur prof que j'ai eu , c'est grâce à lui, que j'ai aimé faire des études, il m'a donné le goût des bons livres, le goût d'étudier.....
Et puisqu'on en est aux confidences, sachez que j'ai été amoureuse de lui durant ces trois années, et que je vais faire, enfin, quelque chose que j'ai toujours eu envie de faire : l' embrasser....
Et sous un tonnerre d'applaudissement j'ai pris mon prof dans mes bras et je l'ai tendrement embrassé... j'avais la larme à l'oeil, lui aussi....
Que d'émotion cette médaille !!
Peu de temps après, j'ai appris sa mort...Il souffrait déjà d'un cancer lorsque nous nous sommes revus....
Il fait partie de ces personnes que j'ai croisé sur mon chemin et qui ont fait de moi ce que je suis... Respect Monsieur C.......
mardi 4 octobre 2011
J'adore "le mardi c'est permis " !!
Je n’ai pas connu l’école maternelle…Dans l’endroit où nous habitions, il n’y en avait pas…
et puis , ce n’était pas obligatoire ,à l’époque !
Lorsque j’ai dû rentrer à l’école primaire, elle était située à 2 km, et une de mes sœurs m’y déposait le matin, venait me reprendre à midi, et m’y redéposait l’après midi…. j’avais une impression d’aller retour , de marche à n’en plus finir…..
J’ai 6 ans, et je n’ai pas les bases de la maternelle…je dois donc apprendre un peu plus que les autres pour rattraper mon retard….
Et , là, je découvre la lecture, l’écriture, le calcul…. ce sont des émotions intenses…. surtout la lecture ! en 1 mois, je sais lire couramment et je commence à dévorer tout ce qui me tombe sous la main…. même les boites de sel, de pâtes, je lis ce qu’il y a dessus !
Je dévore tous les livres de lecture, même lire un problème de calcul n’est pas rébarbatif…je me saoule de mots…. je suis avec une maitresse, qui me regarde avec un œil clément…
Elle doit comprendre ce que je vis, et pourquoi je m’applique avec autant d’intensité…Mes cahiers d’écriture sont parfaits, elle les montre même à l’ensemble de la classe comme modèle….
J’ai vite rattrapé mon retard, et j’ai même pris de l’avance, tellement j’ai soif d’apprendre….
Un matin, visite de la Directrice…Tout le monde se lève pour la saluer…Elle regarde toutes les élèves et me désigne du doigt…Approche me dit elle !
J’ai peur, je suis rouge, les larmes montent…. Mon dieu, qu’ai je fait de mal ???
Et là, elle sort de sa poche une grande image cartonnée…. Un magnifique oiseau…Elle me le tend et me dit : « C’est pas souvent que j’interviens dans les classes, mais pour une fois, je suis contente de te donner cette image…Tu es celle qui a fait le plus d’efforts, la plus sage, celle qui a des cahiers parfaits…Et tu mérites cette récompense… »
Moi, émue, je ne sais que dire « Merci »….
Plus tard, j’ai appris qu’elle avait eu mes trois sœurs en classe et que ça avait été tellement dur, qu’elle avait hésité à m’accepter dans son école !!
Toute ma vie j’ai gardé des contacts avec elle, 35 ans après lorsque je la croisais à la bibliothèque, (elle allait vers 80 ans !), elle me reparlait de cette image qu’elle m’avait offerte ! Pour elle comme pour moi, c’était un merveilleux souvenir…
Elle est décédée à présent, elle s’appelait Madame Vigne…..
Et cette image, je l’ai gardée très , très longtemps…. elle s’est perdue dans un déménagement…..
Mais l’oiseau qu’elle représentait, n’existait pas…C’était un Phoenix…et j’ai cherché la définition dans le dictionnaire :
« oiseau fabuleux qui selon la légende se brulait lui même et renaissait de ses cendres…. »
Et au sens figuré : « Personne unique en son genre et remarquable par son existence…. »
C’était trop compliqué pour une petite fille de 6 ans…. je n’ai pas vraiment compris ce que cela voulait dire…
C’est seulement plus tard, lorsque je suis devenue grande, que je me suis posée la question : « est ce que ça avait un sens caché ?? Est ce qu’elle me l’avait donné pour me dire quelque chose ??? je n’ai jamais osé lui demander…»