lundi 19 décembre 2022

Ah les fêtes !!

   Les fêtes approchent ..Depuis une semaine je passe mes nuits à cauchemarder dessus ! Je dois préparer à manger, mais je n'ai presque rien dans le frigo...C'est tellement angoissant que ça me réveille !! J'allume la télé et je regarde une "cucuterie" de Noël...je m'endors et je replonge dans le même frigo vide !

J'en parle à Marie, qui a le covid et qui a perdu le goût et l'odorat...Elle tousse à fendre l'âme, mais garde une bonne humeur exceptionnelle...

Mais pourquoi ce frigo vide me demande-t-elle? Je lui dis que c'est un rêve que je fais souvent ...Et qui arrive même à me perturber dans la vie réelle ! J'ai toujours peur de ne pas pouvoir faire face aux imprévus, d'être mal jugée sur mon incapacité à faire des miracles avec rien....

Elle me demande des choses sur mon enfance...

Bien sûr, nous n'avions pas grand chose, mais mon père faisait des merveilles avec trois fois rien...Jamais pris au dépourvu...Si du monde passait dans l'après-midi, on pouvait être sûrs qu'ils seraient avec nous au repas du soir...et je pense que mon angoisse venait de là..Mon père et ma mère étaient très à l'aise, et moi, je commençais à aller explorer les placards...

Nous n'avions rien...Comment partager du rien? Je passais l'après midi avec un poids sur l'estomac, essayant de résoudre un problème qui n'existait pas..

Vers 17h mon père installait son atelier "pâtes"....Une grande toile cirée prenait place sur la table de la salle à manger..au milieu des personnes...Il faisait un gros tas de farine, des oeufs..Il patouillait tout ça et nous confectionnait des pâtes fraîches...Mon père adorait se donner en spectacle !

Pendant ce temps, ma mère explorait la cave et remontait avec des bocaux de sauce tomate maison, des bocaux de ratatouille; de petits pois .... Des pots plein de petits champignons et de légumes dans le vinaigre....Des tartines flambées sur la plaque de la cuisinière..Mon père y mettait un filet d'huile d'olive, quelques tomates confites, un anchois, une olive...

Tout le monde s'activait autour du chef...Dans un gros saladier ma mère faisait tremper des fruits mis en conserve durant l'été, une orange, de la canelle, des épices , du vin et une sangria naissait sous nos yeux ébahis.. et tout ça sans cesser de discuter... Une pate à tarte était confectionnée en moins de deux, et les enfants rangeaient des mirabelles dessus...Le four de la cuisinière ne chômait pas...

Mon estomac commençait à se dénouer...J'étais rassurée, je n'aurais pas à avoir honte de notre pauvreté..

Tu avais honte pourquoi? Tu étais petite, pourquoi déjà ce sentiment de honte ? C'était les adultes qui auraient dû avoir peur..Pourquoi prenais tu ça sur tes épaules?

Après réflexion, j'ai parlé d'insécurité..Je ne savais jamais de quoi le lendemain serait fait...

Mais pourquoi te faire du souci pour ça ?? as tu eu faim ? 

Non..jamais..Même si la nourriture n'était pas variée, je n'ai jamais été me coucher le ventre vide.. Je pense que ce qui me perturbe c'est que je ne  suis pas capable de faire ce que faisait mon père...sans aucun complexe..Il partageait le rien avec beaucoup d'amour, et il en faisait un festin..

Il avait le goût de la fête, de l'imprévu..J'ai pas hérité de ça..J'ai toujours peur du jugement..

Elle m'a filé un exercice à faire...La prochaine fois que tu as des amis qui arrivent à l'improviste , invite les et  amuse toi...Ton père s'amusait et il n'en avait rien à faire de l'opinion des gens...Il faisait avec ce qu'il avait, et je suis sûre que tout le monde repartait content..

C'est vrai que ça avait un air de fête et que tout le monde participait..C'est vrai que la maison était souvent remplie de personnes qu'on n'avait pas invitées ! C'est sans doute qu'elles aimaient cette ambiance festive, le cinéma que mon père faisait, les pâtes délicieuses,  les desserts improvisés...

Respire ! fais confiance à ton bon sens ! Tu sais les gens qui restent avec vous ne cherche pas spécialement un festin ! Parfois quelques olives, quelques rondelles de saucisson sont très appréciés quand les personnes sont bien ensemble...La nourriture c'est un plus, mais c'est pas le plus important...

Même avec le covid elle est capable de me rassurer et de me faire sourire !! Merci Marie !

Je lui souhaite de passer de bonnes fêtes, entourée de sa famille avec ce vilain virus en moins !

Allez ! une p'tite toile rigolote !

Marius van Dokkum  né à Andijk en 1957



lundi 28 novembre 2022

Anniversaire....

 Nouveau coup de fil de cette nouvelle amie...ça tombait étrangement bien car c'était la veille de l'anniversaire de dernier fils.. je lui disais combien c'était compliqué cette période là pour moi...quoi faire? C'est un beau jour, et souhaiter le meilleur à son fils pour cette année en plus;  fait partie des traditions...

Elle me dit que l'anniversaire ce n'est pas seulement pour celui qui a un an de plus, c'est aussi un anniversaire  pour la mère,   c'est aussi se remémorer ces intenses moments de joie et d'amour liés à la naissance...ce bébé que tu  as porté ; désiré, il fait partie de toi...C'est aussi ta fête! et si tu ne peux pas célébrer cet anniversaire avec lui, fais toi plaisir! Fais quelque chose pour toi, offre toi quelque chose pour l'avoir mis au monde... Célèbre ce moment unique ! Champagne !

Envoie lui un message, afin qu'il sache que tu es toujours là, que quoiqu'il fasse, ou pense, ça ne changera jamais...Tu seras sa mère pour toujours..Même s'il n'est pas d'accord me dit elle en riant !

C'est bien de pouvoir dédramatiser...J'essaie toujours d'être positive, mais certaines situations me minent malgré moi...Elle m'a fait rire, alors le noeud au creux de mon estomac s'est dénoué...C'est tellement déculpabilisant cette manière de penser ! 

Je suis allée retirer de l'argent, que j'ai mis dans une enveloppe..J'ai envoyé mon message..

J'ai attendu ..J'avais décidé que si j'avais;  ne serait ce qu'un merci pour ce message, je déposerais cette enveloppe dans sa boite aux lettres..Sans rien demander de plus....

Pas de réponse...Je me suis offert un super cadeau...Joyeux anniversaire Chaourcinette !

Allez une p'tite toile !! Peinture ultra réaliste qui donne envie de croquer dedans !!

Brett Humphries




lundi 14 novembre 2022

Rencontre....

 

Il y a quelques mois, j'ai fait une rencontre étrange sur un réseau social bien connu... Ce que cette personne disait m’interpellait, me donnait à réfléchir...Je me suis vite abonnée à son pseudo pour la suivre plus facilement...

De temps en temps je glissais une réflexion sous ses citations, je partageais énormément de ses idées, de ses ressentis

Un jour, dans les messages, je reçois un petit mot : « merci de me suivre....un petit bouquet de fleurs ajouté en fin de ligne....

Était ce un homme ? Une femme ? Je ne sais pas...son pseudo ne laissait rien paraître...

Je suis assez méfiante d'ordinaire, et j'ai eu souvent des sollicitations d'individus à la recherche d'aventures, d'argent, ou de bien d'autres choses...La photo de mon avatar est un tableau, donc, je suis une anonyme parmi les anonymes...c'est ça que j'aime finalement !

Et puis un matin, je trouve un petit message : Je vois que tu as réagis avec beaucoup de tristesse sur mes écrits d'hier...Es tu touchée personnellement par ces situations ?

Méfiante, je réponds par l'affirmative, mais sans m'étaler.C'était sur les gens qu'on avait perdus, mais qu'il fallait malgré tout continuer à vivre..Enfin c'était bien plus joliment écrit !

- Si tu veux en parler, n'hésite pas...je suis une bonne vieille oreille anonyme...petits smileys qui rigolent !!

Euhh...je ne vais pas écrire comme ça, dans le vide, à quelqu'un que je ne connais pas....Vous me direz, c'est pourtant ce que je fais sur mon blog ! Je me raconte à des personnes virtuelles...

Mais là, sur un réseau social, même en message personnel, ça m'embête !

Je lui renvoie donc des petits smileys reconnaissants et souriants..

Bientôt on n'écrira plus avec des mots mais avec ces petits signes cabalistiques qui disent tout et n'importe quoi....

On continue à se suivre, et un jour...plus personne...son compte a disparu..

Je me dis dommage, c'était sympa de lire ce qu'il ou elle écrivait...

et puis, un jour, petit message : Bonjour, merci de m'avoir suivie durant tous ces mois, mon travail m'accapare et j'ai dû faire un choix....Je suis psychologue et mon cabinet est bien souvent rempli de détresse à soulager..Je continue à vous suivre ! Bonne continuation...

Je réponds que je suis désolée de ne plus avoir ces petites phrases chaque matin, petites phrases qui répondaient bien souvent à mon angoisse ou à mes joies du moment...Que je lui souhaitais plein de courage dans son écoute bienveillante...

- Je m'appelle Marie, je devrais être en retraite depuis un moment, mais tant que je peux apporter du réconfort, je reste là...

Et nous voilà parties dans une conversation riche et ouverte...Elle m'a parlé d'elle .Je l'ai écoutée..Je lui ai parlé de moi, sans trop appuyer sur les points qui font mal...Je n'allais quand même pas entamer une psychothérapie avec une inconnue ! Surtout par écrit !!!

Au fil des semaines, nous avons échangé nos numéros de téléphone..C'est un truc que je ne fais pas facilement, mais je l'ai fait..Elle a une voix très douce, assez lente, beaucoup de silences....

Et moi, qui aie horreur des silences, je remplis les blancs..ça semble lui convenir...

Elle me parle de sa vie, de ses chats, de Paris...Elle habite dans un arrondissement que j'adore, pas loin du cimetière Montparnasse...Elle est drôle, vive, curieuse...Tout ce que j'ai oublié d'être..

Nous devons avoir sensiblement le même âge car nos préférences musicales sont les mêmes..Elle adore Barbara, je lui fais découvrir un p'tit jeune qui a repris quelques chansons d'elle et que j'adore, Elle me parle des expos qu'elle va voir, avec fougue et enthousiasme...Elle est vivante, un peu folle...Pourquoi ai je perdu cette vivacité ? Cette envie de découvrir, de sortir ? Je vis par procuration..Je pompe le savoir et le bien-être chez les autres...ça me nourrit suffisamment pour ne pas avoir envie de sortir chercher ailleurs ...

Elle ne pose pas de question sur ma vie...Lorsque je glisse quelques mots sur ma situation, sur ma peine, sur mes peurs, je la sens attentive...D'un mot, elle remet en place des incompréhensions qui me bouffent...Je ne veux pas l'accabler avec mes manques ; je veux l'écouter vivre, l'entendre rire..ça fait bien longtemps que je n'ai pas ri..

Un jour je lui ai parlé de l'abandon...De ces enfants que j'ai perdus...elle m'a dit : Peut-être que ce sont eux qui t'ont perdue ?

Et si tu décidais de penser autrement ? Si tu essayais d’arrêter de te sentir coupable? Ce ne sont plus des petits enfants, ce sont des hommes adultes qui ont fait le choix de perdre leur mère...Non pas parce que tu les as maltraité, simplement parce que tu ne répondais pas à leurs critères..Dans des temps lointains, ça ne serait jamais arrivé..Les parents, les grand-parents étaient précieux..C'était d'eux qu'on apprenait...à présent, internet remplace l'expérience des vieux...Ils vivent dans un monde où tu peux choisir entre des milliers de marques, des milliers de produits ..l'empathie, la fidélité ont disparu …

Il faut arrêter de culpabiliser, quand tu vois la misère qu'il y a dans ce monde, tu te rends compte qu'il faut relativiser chaque instant de vie..Tu ne peux pas les obliger à être différents.

J'aime ses raisonnements simples et efficaces..Elle sait me reprendre quand je dérape, et faire que mon cœur ne s'attarde pas sur les regrets...

Belle rencontre que les réseaux sociaux m'ont offert !

Allez !! une p'tite toile !! ça pourrait être elle et moi, dans un bistrot parisien......

Edward Hopper 1882/1967



mercredi 26 octobre 2022

Nostalgie...

 Je n'aime pas les vacances scolaires...ça me rend morose..Dans la rue j'entends les enfants qui jouent, il fait encore tellement beau et bon...25° sur la terrasse ce midi..Nous y avons mangé...Un pot au feu... Une hérésie, je sais ! C'est un plat d'hiver, j'aurais dû faire une salade composée qui aurait eue toute sa place sous ce chaud soleil automnal ; mais non !! j'ai fait un pot au feu...

ça n'a pas calmé mon angoisse.Mais je fais bonne figure, car l'homme a besoin de sérénité...Il file tous les jours dans différentes réunions,visite à la prison, cinoche avec copines, atelier d'écriture, nouveaux cours de théâtre...Il s'étourdit de tâches pour ne pas penser ..Chacun fait comme il peut...

Il s'est échiné dans notre petit jardin, à liquidé les trois quart du Pyracantha, a planté une vigne, un cassis...plein de vivaces...a salopé toute la maison avec ses gros godillots plein de terre...Le jardin a un air décharné, comme lui, qui a perdu plusieurs kilos qu'il n'arrive pas à reprendre...

Je vois arriver les fêtes de Noël avec angoisse, l'année dernière mon esprit était occupé par le cancer, le covid....Cette année faudra encore faire face à l’absence...

Les années filent, les petits grandissent, Léna 15 ans a réussi son code et va  faire  la conduite accompagnée..IL n'y a pas si longtemps c'était une petite pitchounette et à présent c'est une belle adolescente qui est passionnée d'aviron..Ses grands frères sont majeurs..On ne les voit pas souvent, ils travaillent et à cet âge les copains sont plus importants que les réunions de familles..On discute sur instagram, il n'y a que là que je les trouve si je veux leur faire parvenir un message !!

Quant aux petits que nous ne voyons plus, je crois qu'il faut de plus en plus se faire une raison...Même si ça me crève le cœur, il faut accepter...Ils me manquent, et ils sont présents dans chacune de nos pensées...

Ils apparaissent régulièrement dans mes rêves, et c'est cadeau...

La nuit dernière c'est ma mère qui est venue me rendre visite...Je me sens toujours coupable de son départ...J'ai l'impression de ne lui avoir pas dit assez souvent que je l'aimais,

Je lisais une phrase de Maupassant qui résume assez bien ce que je ressens :

«  On aime sa mère presque sans le savoir, sans le sentir, car cela est naturel comme de vivre, et on s’aperçoit de toute la profondeur des racines de cet amour qu'au moment de la séparation dernière  »

J'ai ressenti cela profondément à la mort de ma mère..D'autant plus profondément que je ne m'étais jamais posé la question..Ma mère avait toujours été là, touchante, parfois encombrante, parfois chiante, je menais ma vie à une soixantaine de kilomètres d'elle, et quand elle est partie ça a été un énorme choc..Je ne m'y attendais pas..Ce n'était pas prévu..Je lui en ai voulu de ne pas m'avoir préparée à ça...Elle venait d'être opérée, tout allait bien, elle devait rentrer passer sa convalescence près de son compagnon...L'ambulance l'attendait devant la clinique, les infirmières avaient préparé sa valise et l'avait installée dans son fauteuil...

Et quand ils sont venus la chercher, elle était partie...pour un autre monde...Elle s'était tirée sans prévenir , sans aucune raison...J'ai quitté le boulot, me suis précipitée à la clinique, ai incendié la chef de service car ce n'était pas possible, ma mère ne pouvait pas être morte, je l'avais eue au téléphone la veille au soir et tout allait bien...Elle était contente de rentrer, on avait même ri ensemble , et là, ils me disaient qu'elle était morte...c'était insensé..Personne n'a été fichu de m'expliquer pourquoi elle était partie, ils avaient tous l'air ébahis, mais c'était pas leur mère, c'était la mienne, et elle leur avait filé entre les doigts sans même qu'ils s'en aperçoivent...

J'étais dans le hall, quand j'ai entendu le sifflement familier de son appareil pour sourd....Je les ai vu la pousser sur un brancard roulant, et cet appareil qui sifflait...il n'était plus dans son oreille..L'infirmière a cherché dans ses vêtements et m'a remis ce truc, qu'elle réglait 50 fois par jour, selon ce qu'elle avait envie d'entendre ou non...

Je l'ai vue,allongée, habillée dans sa robe et son manteau...chaussures aux pieds et son visage était déjà figé..Et moi, j'étais là, à tenter de me souvenir de ce qu'on s'était dit la veille...Elle était impatiente de rentrer, impatiente de retrouver ses habitudes...J'avais réglé tous les problèmes de son retour, j'étais pressée, j'avais dernier fils dans les pieds qui voulait manger, j'ai abrégé la conversation lui disant que je la rappellerais le lendemain...et je m'en veux de n'avoir pas passé plus de temps avec elle ce soir là...

Alors, oui, cette phrase de Maupassant me parle infiniment !

Allez une petite toile !! Pour toi, ma mère chérie  qui m'a transmis l'amour des iris....


Rimma Vyugova




samedi 8 octobre 2022

Secret.....

 

 Enterrement d'une cousine de l'homme..Elle fait partie des saintes femmes qui iront au paradis sans passer par la case purgatoire..Je l'aimais beaucoup mais nous nous étions perdues de vue...

Elle avait deux enfants, que l'homme connaissait vaguement...Après la bénédiction, la famille s'est retrouvée à discuter ... les années passent et s'il n'y avait pas les enterrements pour permettre les rencontres on ne saurait plus rien les uns des autres..

Et voilà l'homme, qui fait la bourde du siècle...Il dit aux deux garçons qui approchent de la cinquantaine et plus, je suis sûr que vous ne connaissez pas le secret qu'il y a dans votre famille...

Quel secret ? il y a un secret?

Oui, et je vais vous le dire...Figurez vous que vos grands parents lorsqu'ils se sont mariés attendaient un heureux événement...

Effarement, inquiétude dans les yeux de ceux qui écoutent...

Comment ça?

Vous ne le saviez pas hein? votre grand mère a fauté avant le mariage....

Effectivement..Personne ne savait rien et n'avait pas besoin de savoir..

L'homme encore une fois a foutu le bordel au sein d'une famille qui ne demandait rien...Une famille catholique, le grand père était diacre, il avait toujours été considéré comme un modèle dans la famille..et voilà que ce grand con qui me sert de mari a décidé de casser et de brûler la belle image de l'aïeul...

Je lui ai demandé pourquoi il avait fait ça...il a répondu qu'il y en avait marre des secrets et qu'il était sûr qu'ils allaient mieux vivre en sachant cela..

Mais ces gens là ne demandaient rien....et vivaient très bien avant de savoir !

Oui, mais moi je savais et je trouve ça rigolo qu'ils apprennent ce genre de truc à leur âge...

J'ai eu envie de le claquer...

Allez ! une p'tite toile ! Je t'offre ces fleurs Monique et te demande pardon pour lui...

Carol Cavalaris




mardi 6 septembre 2022

Anniversaire !

 

Aujourd'hui c'est mon anniversaire ! Et en ouvrant internet ce matin je suis tombée sur ce texte qui est tout à fait d'actualité.....

Que fais-tu grand-mère, assise là, dehors, toute seule ?

-Eh bien, vois-tu, j’apprends.

J’apprends le petit, le minuscule, l’infini.

J’apprends les os qui craquent,

Le regard qui se détourne.

J’apprends à être transparente,

À regarder au lieu d’être regardée.

J’apprends le goût de l’instant,

Quand mes mains tremblent,

La précipitation du cœur qui bat trop vite.

J’apprends à marcher doucement,

À bouger dans des limites,

Plus étroites qu’avant et à y trouver,

Un espace plus vaste que le ciel.

-Comment est-ce que tu apprends tout cela grand-mère ?

-J’apprends avec les arbres,

Et avec les oiseaux,

J’apprends avec les nuages.

J’apprends à rester en place,

Et à vivre dans le silence.

J’apprends à garder les yeux ouverts,

Et à écouter le vent.

J’apprends la patience et aussi l’ennui.

J’apprends que la tristesse du cœur,

Est un nuage, et nuage aussi le plaisir .

J’apprends à passer sans laisser de traces,

À perdre sans retenir,

Et à recommencer sans me lasser.

-Grand-mère, je ne comprends pas, pourquoi apprendre tout ça ?

-Parce qu’il me faut apprendre,

À regarder les os de mon visage,

Et les veines de mes mains,

À accepter la douleur de mon corps,

Le souffle des nuits,

Et le goût précieux de chaque journée,

Parce qu’avec l’élan de la vague,

Et le long retrait des marées,

J’apprends à voir du bout des doigts,

Et à écouter avec les yeux.

J’apprends qu’il faut aimer,

Que le bonheur des autres,

Est notre propre bonheur,

Que leurs yeux reflètent dans nos yeux

Et leurs cœurs dans nos cœurs.

J’apprends qu’on avance mieux,

En se donnant la main,

Que même un corps immobile danse,

Quand le cœur est tranquille.

Que la route est sans fin,

Et pourtant toujours exactement là.

-Et avec tout ça, pour finir, qu’apprends-tu donc grand-mère ? »

-J’apprends, dit la grand-mère à l’enfant,

J'apprends à être vieille !

~ Joshin Luce Bachoux ~




mardi 30 août 2022

J'ai 3 ans....


Un témoignage trouvé ce matin...et ce rituel est le lot de tellement d'enfants !

J'ai 3 ans  et je suis grande......

J'ai 3 ans je suis grande, je vais à l'école, maman et papa travaillent, je me lève à 6h30 ! J'avale mon bibi en 5 mn et peut-être un biscuit...

Maman m'habille -ou Papa- et je mets mes "adadas", qui courent vite, toute seule : elles ont des scratchs.

Papa caresse ma joue : un ptit câlinou. Il part, il m'aime, il me l'a dit !

Maman cherche ses clés et elle s'énerve ,on est en retard ! Je prends mon doudou et ma susu : trop important !

Il est 7h05 houla, houlala : on a 5 mn de retard. On fonce, j'arrive à la garderie à 7h25. Maman m'embrasse tendrement 1 seconde. Elle m'aime : elle me l'a dit et elle est partie !

Je ne suis pas toute seule ! Non ! Il y a mes copains, mes copines mais on joue pas encore. On a pris nos doudous et susus. Je pleure pas : je suis grande mais Maman me manque déjà, je suis sage.

Sophie me coiffe, Maman a oublié.

Sophie est gentille, elle me câline 1 seconde : il y a pas que moi.

Il est 8h20 : je vais en classe, la maîtresse est là. Je pose doudou et susu : j'en ai plus besoin parce que je suis grande. J'ai 3 ans !

Il y a des livres, des puzzles, le coin dînette, le coin poupée, les constructions... La maîtresse dit : "on range" : il est 8h40.

On va au regroupement et la maîtresse explique le programme, je me rappelle que de la fin.

Je suis un peu triste mais pas le temps pour ça, on est 27 dans la classe et puis c'est l heure du passage aux toilettes. On descend tous ensemble. Je passe devant mon sac -il y a doudou et ma susu dedans- mais non... je suis grande ! J'ai 3 ans !

Je donne la main, j'apprends vite, c’est bien, je cours pas dans le couloir. Sophie chante et sourit. Elle fronce les sourcils, on fait pipi, on ne joue pas avec l'eau, on boit si on a soif et on se lave les mains.

Allez..... on se dépêche ! On retourne en classe et je repasse encore devant doudou et susu. Maman me manque mais non, je vais travailler c’est la maîtresse qui l'a dit. Je vais faire l'atelier peinture avec Sophie, j'aime la peinture mais pas longtemps parce qu'on est 6 à la table. On met les tabliers, on peint, on se lave les mains encore.

Il est 9h30 et la maîtresse dit : "on range" ! On va en motricité.

On se range, la salle est grande et j'ai envie de courir partout mais non, on s'assoit et on écoute.

Il est 9h45 enfin et on fait les animaux : la grenouille, le kangourou, l'ours, le serpent...

C’est fini ! On met les vestes parce que c'est la récréation : il est 10 h ! La maîtresse dit "essaie de la mettre toute seule". C'est dur mais j'essaie : je suis grande, oui, j'ai 3 ans ! Sophie m'aide, elle est gentille !

Il est 10h10, je cours en récréation. Au milieu, je m'arrête, il y a tellement de monde. Je vois la maîtresse, 2 enfants par main , plus de place pour moi ! C’est pas grave, je vais la suivre, peut-être une place se libérera, Maman me manque.

Il est 10h30, la récréation est finie et la maîtresse avec Sophie, tapent des mains. On se range, ça prend du temps, on apprend. La maîtresse crie, Sophie court pour récupérer les enfants qui n'ont pas compris je crois. Moi, je suis rangée, j'ai compris je suis grande, on repasse aux toilettes et tout le tintouin ...

Il est 10h45 Sophie s'en va manger, la maîtresse raconte une histoire, je suis fatiguée, je veux mon doudou et ma susu. Maman me manque de plus en plus.

Il est 11h15 ,Sophie revient : on repasse aux toilettes et tout le tintouin ... Puis, on va à la cantine. On est 48 dans le réfectoire et ça fait un bruit énorme : je n'ai pas très faim, il y a de la salade ! Sophie dit : "on mange, on se dépêche". Il y a le 2ème service, elle débarrasse la salade : ouf, je n’aime pas. Il y a des pâtes : Génial !

Et des légumes dedans... Du rôti de boeuf : c'est dur, je mâche longtemps, les légumes dans les pâtes : je n’aime pas. Sophie dit "on goûte, c'est bon les légumes !". Elle débarrasse ouf, enfin le dessert ! J'adore le dessert, c'est une pomme énorme. Sophie dit "allez on croque, la peau c'est plein de vitamine". Maman, elle enlève la peau et coupe des petits morceaux mais on est trop nombreux ! Je suis fatiguée, je ne finis pas ma pomme : elle est trop grosse et trop dure aussi !

La cantine est finie et il est 12h15 ! On retourne dans la cour Sophie est sur le banc, aujourd'hui j'ai une place à côté d'elle, elle me câline j'en profite.

Il est 12h30. Sophie tape des mains : on va au dortoir, mais avant, on repass aux toilettes et tout le tintouin...

Enfin je retrouve mon doudou et ma susu. J'enlève mes "adadas" toute seule. Oui, elles ont des scratches : je l'ai déjà dit !

Le dortoir est chaud, j'ai mon lit toujours à la même place. Je rentre dans mes draps, Sophie tire les rideaux, met la musique, met les couvertures, allez, on se repose.

Sophie passe sa main dans mes cheveux et je peux dormir : il est 13h.

14h30 : Sophie ouvre les rideaux, "allez on se lève", j'ouvre les yeux, j'ai oublié que je suis à l'école. Je veux encore dormir et je serre mon doudou, il y a du bruit dans le couloir. Sophie aide les enfants pour mettre les chaussures, maîtresse vient dans le dortoir : "allez debout, on pose doudou et susu, on met les chaussures toute seule et on va faire pipi".

Il est 14h45, je suis dans la cour, tout va trop vite autour de moi, ma maîtresse n'est pas dehors, ni Sophie. Des grands viennent me parler, j'ai un peu peur ! Maman me manque terriblement mais moi aussi je suis grande, alors j'attends.

Enfin 15h15, on tape des mains on se range, toilettes et tout le tintouin.

15h30, retour dans la classe, activités autonomes, en gros je fais ce que je veux, sans bruit.

16h00, la maîtresse dit : "on range, on se regroupe, c'est bientôt l'heure". Elle raconte une histoire, Sophie range et nettoie.

16h20, la maîtresse ouvre la porte, mon coeur bat la chamade. Elle appelle les enfants, mais moi ... non ! Ma gorge se serre, je ne suis pas toute seule, Sophie nous prend dans ses bras. On va aller goûter et maman va bientôt arriver : je mange ma compote et mon biscuit.

La maîtresse est partie, Sophie nous laisse jouer sur les structures, j'aime bien. Je fais attention, je suis grande. J'ai 3 ans.

Il est 17h45, Maman arrive. Elle et là ! Mon coeur explose, c'est trop intense.Je me laisse enfin aller, je pleure dans ses bras. Elle m'a tellement manqué. Maman dit "tu es grande, ne pleure pas comme un bébé !". C’est vrai, je viens de passer plus de 10h sans toi !

Le temps de rentrer à la maison il sera déjà 18h. Entre le bain, le repas et la petite histoire, nous aurons bien profité l'une de l'autre et si j'ai de la chance, je verrais peut-être papa avant de m'endormir à 20h30.

Mais tout ça n'a pas d'importance puisque j'ai 3 ans et que je suis grande et que je vais vivre jusqu'à 100 ans .

Sophie ATSEM membre du collectif indépendant ATSEM de France.





mercredi 17 août 2022

Les lapins.....

 

Mon père élevait des lapins . Pas des lapins pour le plaisir, pas des lapins chouchou-bidou, des lapins pour les manger...nous les filles on était de corvée de « patnies »..c'était des grandes feuilles sur tiges dont les lapins raffolaient...y'avait des immenses champs lorsqu'on traversait la route, et on y faisait de belles récoltes...Moi, je cueillais des fleurs...des marguerites, des achillées, des fleurs blanches avec un petit point rouge au milieu....mes sœurs râlaient, mais moi, je me disais que les pauvres bêtes enfermées dans leurs cages méritaient bien quelques fleurs pour le dessert...

Je leur passais les fleurs une à une au travers du grillage....ils avaient l'air d'aimer ça...



C'était moins rigolo quand on devait nettoyer les cages...Une forte odeur d'urine et d'excréments nous montait à la gorge...Mon père nous donnait un coup de main mais c'était souvent les grandes qui le faisaient...Moi, je câlinais les pauvres bêtes qui pour une fois se retrouvaient dans un carton...Elles étaient toutes douces, et ce que j'aimais par-dessus tout c'était les bébés....Parfois, à l'intérieur d'une cage, on trouvait une mère et 4 bébés.....dès qu'ils devenaient grands, mon père les séparait..

Le fumier servait pour enrichir le jardin, et c'est sans doute pour ça que les légumes n'étaient pas mes copains....Je savais ce qu'il y avait dans la terre, et j'ai longtemps pensé que les légumes avaient le goût des excréments..Je refusais catégoriquement de manger ce qui venait du jardin...

Mon père faisait hiver comme été le minestrone avec tous les légumes entiers dans la soupe....C'était l'angoisse pour moi...Je prenais avec la cuillère tout ce qui était jus et petite pâtes, mais les légumes, impossible...C'était tous les soirs le même calvaire! Mon père fulminait, ma mère grondait, et ils me laissaient devant mon assiette longtemps après que tout le monde avait terminé...

Je salais le bouillon avec mes larmes..et puis comme il fallait rouler et que deux mains de plus c'était appréciable, ma mère arrivait en criant, je te la resservirai demain ta soupe, ne crois pas que tu as gagné ! Allez file rouler !

Encore un soir de gagné !! Mais le lendemain soir, une nouvelle soupe s'invitait à notre table ! J'ai détesté ça durant des années...Et maintenant, j'adore ça...Comme je regrette de ne pas avoir apprécié à l'époque !

Et puis, ces lapins que je favorisais avec amour, il y avait un moment où mon père se transformait en bourreau...Il avait un p'tit couteau hyper aiguisé...Le samedi, quand je le voyais aller  au hangar avec cet instrument de malheur, j'avais le ventre noué !

Pas le brun papa ! Hein, ni le gris, et puis, ne tue pas non plus le noir et blanc...Mon père n'entendait même plus ma ritournelle, et moi comme une idiote je le suivais en le suppliant...Il se saisissait du brun, celui qu'au fond de moi je nommais caramel, et je criais , pas lui papa ! Pas lui !

Parfois, il acceptait..Il le remettait dans sa cage, pour en prendre un autre...Non ! Pas lui non plus, et je voyais mon grisou se débattre comme un beau diable...Il le saisissait par les oreilles, mettait un saladier par terre, et d'un coup sec lui arrachait un œil...Le sang se vidait sous les soubresauts du lapin...et moi je pleurais mon grisou...et mon père me disait : « je te donnerai la peau et quand le marchand de peaux de lapins passera il te donnera une pièce... » ça ne me consolait pas …

Je trouvais les adultes bien cruels..

J'assistais après au déshabillage du lapin...Mon père était très habile, quelques entailles, et il tirait la peau d'un coup sec... Peau qu'il mettait à sécher dans le hangar..

Donne moi la cuvette ! Il ouvrait le petit ventre rebondi d'un geste sûr, et les tripes tombaient dedans … ensuite, il laissait le lapin pendu un moment et je devais le suivre pour ce qui était pour moi le comble de l'horreur ! Arrivés dans la cuisine, il rinçait la tripaille et on vidait chaque boyau de son contenu...C'est pas sale qu'il disait ! Les lapins ne mangent que de l'herbe ! C'est peut être pas sale mais ça puait...Une odeur de sang, d'excrément....Allez ! Fait comme moi ! Tu prends un morceau de boyau et tu pousses vers l’extérieur...J'ai jamais réussi à le faire...Le vomi me montait à la bouche !

Ensuite, il faisait tremper le tout dans un saladier d’eau vinaigrée....ça prenait du temps pour faire ça !! Tout ça pour récolter un bol « de filaments » que je n'aurais touché pour rien au monde !

Le soir, c'était le festin...Pour les autres, car pour moi, impossible de manger mon grisou...Les morceaux seraient pour le civet du dimanche, avec le sang recueilli, mais le soir, on mangeait le foie, le cœur, les poumons et les sacrées tripes sautées dans du beurre avec de l'ail et du persil..

Ils ont essayé de m'en faire manger..Je poussais de tels hurlements que les voisins pensaient qu'on m'égorgeait !!! Mes sœurs se régalaient...et moi, 20 ans plus tard, jeune mariée, je faisais cuire à la poêle les mêmes abats que mon père cuisait, sauf les tripes, et c'était un pur délice ..

Le lendemain, c'était les morceaux de lapin que mon père faisait cuire..Avec sa feuille il le découpait soigneusement en petits morceaux...Mettait la tête de coté..Je voyais la langue de mon pauvre grisou qui dépassait, ses dents, l’œil qui lui restait.. la tête c'est pour moi qu'il disait, c'est le meilleur morceau du lapin...

Encore impossible pour moi d'en manger...Je savais que ce serait la sérénade pendant tout le repas..Heureusement, pour manger avec le lapin il avait fabriqué des pâtes...Viens ma fille je te montre !! Il installait un manche à balai en hauteur...Un gros saladier...500g de farine, 5 œufs..et il patouillait l'ensemble pour en faire un pâton qu'il faisait reposer.... Ensuite il étalait finement la pâte, la repliait en plusieurs couches, découpait de fines lanières et dépliait les longues pâtes qu'il mettait à sécher sur le manche à balai...c'était magique ! Et ça, c'était délicieux ! Et parfois, ils ne me houspillaient pas pour manger du lapin...J'avais une grosse assiette de pâtes avec une sauce onctueuse et ça faisait mon bonheur !

Lorsque la peau était sèche on guettait la sonnette du marchand...Il passait dans tout le quartier en criant « Peaux de lapin, y'a rien à vendre ! » drôle de phrase ! Tous les gamins du quartiers se précipitaient avec leurs peaux, parfois on en avait 2 ou 3...il nous donnait 1 franc par peau...Parfois 50 centimes si la peau était abîmée.

1 franc c'est ce qu'on avait quand on roulait mille tickets ! On était riches ! Mon père, magnanime nous laissait les pièces et on faisait des châteaux en Espagne pour savoir comment on les dépenserait...et ça se terminait auprès du marchand ambulant qui vendait des bonbons acidulés...


Allez !! une p'tite toile !!

Irina Kupyrova



samedi 13 août 2022

un p'tit bout d'enfance !


J'ai 6 ans..je vis dans cette famille de fous, où l'insécurité règne...Je suis une petite brunette avec de grands yeux bleus qui vit enfermée dans une bulle car la réalité m'effraye...j'ai peur de toutes les réactions imprévues que les adultes manifestent...Je ne comprends pas tout à cette époque;.Je sais que mon père est maçon, qu'il ne gagne pas suffisamment pour nous nourrir;..ça, ma mère elle le crie à longueur de journée avec son accent rocailleux de femme corse qui, il n'y a pas encore si longtemps,  ne parlait qu'en patois.. Elle crie parce que sinon il n'entend pas..Il l'entend,  mais lui tourne le dos chaque fois qu'elle l'ouvre, et parfois, la baffe part tellement vite qu'elle n'a pas le temps de se protéger...Aussitôt, elle prend un couteau et le menace, si ce n'est pas un couteau c'est le pique feu...tous les objets qui l'entourent font office d'arme...

Lui, dédaigneux tourne les talons et s'en va se saouler au bistrot du coin....Et c'est là qu'il faut faire attention...Parce qu'elle est tellement en colère que le moindre petit pas de côté attire ses foudres...J'ai 6 ans, je ne comprends pas tout ça..J'ai entendu la colère, la hargne, la claque, le départ de mon père et mon premier réflexe est de me réfugier dans les jupons de ma mère, de la consoler...Mais elle ne veut pas de ma tendresse, elle est encore pleine de ressentiment, et elle m'envoie valdinguer au travers de la pièce...Va rouler des tickets avec tes sœurs! si vous voulez manger demain, vous avez intérêt à rouler vite, votre salaud de père est en train de boire la paye....mes trois sœurs et moi, on file doux....

Pas un mot autour de la table, juste le cliquetis des aiguilles...J'ai 6 ans et je roule des tickets pour les foires...Chaque matin, on emmène à l'usine les vingt milles tickets roulés, et on en reprend autant...On est payé tous les jours, ce qui permet d'acheter le pain, le lait, du jambon parfois...

Je n'ai encore jamais mis les pieds à l'école...Là où on habite c'est trop loin. Il faut faire 2 kms à pieds et ma mère ne veut pas perdre du temps à faire les trajets..Un jour, il y a eu une assistante sociale qui est venue...et qui nous a interrogé sur notre vie..Ma mère derrière elle , nous faisait les gros yeux...C'était pas la première fois qu'elle venait la mère Marcouilloux...Ma mère nous faisait répéter ce qu'on devait lui dire, si vous racontez autre chose vous irez à l'orphelinat qu'elle disait...

C'est quoi un orphelinat ? un endroit où vous serez séparées, battues, sans manger...J'avais tellement peur, que lorsque la mère Marcouilloux arrivait je faisais pipi dans ma culotte. Elle n'est pas encore propre votre dernière ? disait elle hautaine..Si ,disait ma mère, mais il arrive qu'elle ait des petits accidents...

à peine partie, ma mère m'installait sur une chaise devant le lavabo, me donnait le gros savon de Marseille vert et me faisait laver ma culotte...sans un mot....Je lavais, contente d'avoir encore échappé à l'orphelinat..

Un jour, ma mère s'est mise à vomir...J'étais terrifiée de la voir malade, je courrais après mon père afin qu'il fasse quelque chose;..Mais lui, n'en faisait pas façon..ça lui passera disait il, c'est sa méchanceté qui lui sort par la bouche....

J'ai cru pendant des années que si on n'était pas gentil  on vomirait tous nos repas...J'étais toujours sur la réserve, j'évitais tous les conflits...j'avais trop peur de vomir...Et puis, mon père décida que je devais aller à l'école...Démerdez vous, elle a 6 ans elle a l'âge ! Une de mes sœurs travaillait en usine..Chaque matin, elle me casait sur son vélo et elle m'emmenait à l'école...Ce fut la découverte de ma vie ! Je n'avais jamais été à l'école maternelle, je n'avais appris aucune base, j'arrivais en CP comme une page blanche..Et en plus, en cours d'année..

On me donna un cahier, un crayon de papier, un livre, une ardoise avec une craie....La maîtresse me présenta au reste de la classe, et la matinée se passa...Dire que je ne comprenais rien était un euphémisme ! Les enfants avaient déjà 3 mois de cours d'avance .. Mon premier travail fut d'écrire des lignes...de A.....de B....majuscules, minuscules...La langue tirée,  car je ne devais pas dépasser la ligne, j'arrivais avec beaucoup de retard au bout de cette tâche... en plus je ne savais même pas ce que j'écrivais..Pendant ce temps, les autres dessinaient...à la récréation j'étais seule, je ne connaissais personne et personne ne voulait me connaître...

Ensuite, on passa au calcul...avec l'ardoise et la craie...La maîtresse disait : 2+2 vous écrivez la réponse sur l'ardoise, et ne copiez pas les uns sur les autres...Je n'ai rien écris..La directrice qui visitait les classes, vint dans la nôtre...La maîtresse lui parla doucement en me regardant...Je savais que j'avais fait une bêtise et déjà les larmes coulaient sur mes joues...La directrice, Mme Vigne, vint jusqu'à moi et me demanda de la suivre dans son bureau...

"Tu sais que j'ai eu tes sœurs en classe? J'espère que tu seras plus sage qu'elles, car elles étaient très indisciplinées...on a dû les punir souvent ! Tu n'es jamais allée à l'école maternelle ? Je me contentais de dire non avec la tête ! Elle me donna un mouchoir pour essuyer mes joues...

Elle m'expliqua que c'était la mère Marcouilloux qui avait imposé à mon père de me mettre à l'école et que c'était elle qui m'avait inscrite...Jamais, ni ma mère ni mon père ne m'ont accompagnée à l'école, même pas pour faire les présentations. Ma sœur se contentait de me déposer comme un sac de linge sale devant la porte et démerde toi !

Je ne sais pas si tu vas réussir à rattraper ton retard, les autres ont déjà 3 mois d'avance et elles ont fait quelques années de maternelle...Ce que je te propose, si tu le veux, c'est que lors des récréations tu viennes dans ma classe et je te donnerai quelques leçons...je sais que ta sœur te récupère à 17h30 ; si tu le veux tu peux faire une heure de plus avec moi...

Je hochais la tête bien sûr, je ne savais pas trop ce qu'elle voulait dire, mais je ne voulais pas la contrarier...

Commença alors un étrange ballet..un va et vient, matin, après midi et soir chez la directrice...

à 11h30 ma sœur me récupérait, on rentrait manger à la maison et elle me redéposait à 13h30...

Je fis rapidement des progrès ..J'avais du mal en calcul, mais la lecture et l'écriture me passionnaient...Je n'avais aucune mauvaise habitude puisque personne ne m'avait jamais rien appris..Mme Vigne m'a guidée avec fermeté, et souvent pour me récompenser d'un travail bien fait j'avais droit à un bonbon...

Trois mois plus tard, elle m'a dit que c'était fini...J'avais le niveau de la classe..Ma maîtresse lui avait dit que je pouvais continuer seule, avec les autres élèves..J'ai encore pleuré ce jour là...Je me sentais abandonnée..

J'ai terminé mon année en beauté...Je savais lire et écrire..Mais toujours du mal de compter !! ça m'a poursuivi toute ma vie !

Les vacances arrivèrent, on les passait sur la terrasse, à rouler des milliers de tickets..Et puis, une école s'est construite tout près de la maison...En Mars, ma mère qui avait pris beaucoup de poids mit au monde une cinquième petite fille...Personne n'en avait parlé, j'avais surpris une engueulade entre mon père et ma mère...mais je n'en avais pas compris les termes...Il hurlait qu'il n'en voulait pas, qu'elle se démerderait, qu'on avait déjà du mal d'y arriver ;..elle criait : espèce de fumier si tu buvais pas ta paye en compagnie de ta pute on y arriverait mieux...

Et puis, pouf ! Ce bébé est arrivé une nuit...J'ai entendu ma mère hurler...tellement fort, que je suis sortie de ma chambre...Il y avait une dame avec elle, dans la chambre...Mon père buvait dans la cuisine, saoul...j'vais p't'être avoir un garçon qu'il disait...

Je comprenais pas tout ce qui se passait..Et puis, La dame est venue avec un bébé emmailloté dans des langes...C'est une fille qu'elle a dit...et mon père est parti, en pleine nuit, on ne sait où...

et on était toutes là, à regarder ce bébé innocent qui ne savait pas encore dans quelle famille de fous il venait de naître !

On l'a tout de suite détestée...Elle hurlait toutes les nuits, mon père buvait de plus en plus, rentrait dans des colères folles, menaçait ma mère...Jamais il ne s'en est pris à nous...Mais c'était l'insécurité permanente, j'en voulais à ma mère de câliner ce bébé à outrance...Elle n'avait plus le temps de rien...on mangeait sur le pouce, on roulait, on allait à l'école...C'était le seul endroit où je trouvais un peu de tranquillité..Personne ne hurlait..Tout était en ordre, il y avait un programme bien défini qu'on suivait...à la maison, c'était le bordel..Les lessives séchaient partout, les couches jetables n'existaient pas..Ma mère était épuisée, mon père en colère et nous on se faisait toutes petites pour éviter les coups.

Heureusement j'ai découvert la lecture, c'est ce qui m'a sauvée de la folie je pense !

Mon père fuyait de plus en plus la maison et quand il daignait rentrer les cris, les coups pleuvaient...La petite dernière hurlait toujours autant, on se levait le matin les yeux au milieu de la figure...Il arrivait que je m'endorme carrément en classe..

Et puis il y avait les périodes d'accalmie...On ne savait pas pourquoi, à un moment la folie cessait...La vie redevenait presque normale...Ma mère calmait ma sœur à coup de sirop phénergan, qui la faisait enfin dormir des nuits entières, mon père allait au bois, rapportait des champignons, coupait du bois...Souvent c'était quand il ne voyait plus l'autre femme, ma mère se calmait alors et faisait des efforts pour être plus sympa avec lui...C'était presque agréable, mais moi, je continuais à vivre sur la pointe des pieds....toujours dans l'attente de « l'après »...car il y aurait un après, c'était sûr ! Le bonheur, la tranquillité ne durait jamais longtemps, je m'interdisais de m'y habituer...

La situation financière s'était un peu améliorée..En plus de son boulot de maçon, mon père ramonait des cheminées...Tout le monde se chauffait au bois et charbon et il y avait beaucoup de demandes..Il rentrait le soir noir de crasse, prenait un bain et ma mère comptait les sous....

On a pu manger plus de viande,ma mère prenait plaisir à faire rôtir un poulet dans le four...l'après midi, mon père embrochait une saucisse à cuire sur le pique feu et ça dégoulinait de graisse , ça dégageait une odeur merveilleuse...Mon père nous mettait un bout de saucisse grillée dans du pain et ça avait le goût du bonheur...Quand il était du bonne humeur, avec son fusil , planqué derrière les persiennes du balcon, il tirait sur les moineaux....parfois il arrivait à en tuer 5 en une heure...il allait les chercher, ma mère les ébouillantait, on retirait leurs plumes, les vidait, et il les faisait cuire sur la cuisinière...c'était délicieux...Je ne sais pas si c'était les oiseaux qui nous rendaient heureux ou si c'était le fait de les voir complices .. je savourais ces instants mais toujours sur le qui-vive...

Et puis un jour, le bonheur foutait le camp...La maîtresse refaisait surface, ma mère replongeait dans le marasme et la mauvaise humeur...

C'était une vie en dent de scie, une vie où il ne fallait rien attendre car on était toujours déçus..Je me souviens de l'année où il nous a fait miroiter l'achat d'une télévision...Il nous a baratiné avec ça durant des mois...On en parlait autour de la table où on roulait...ça va être super de rouler en regardant la télé ! Tu verras papa, on roulera beaucoup plus vite.....La télé n'est jamais arrivée..on est restés avec ce regret coincé au fond de la gorge..

Et moi, même si j'étais petite, je venais de comprendre que mon père ne disait pas toujours la vérité..Je ne pouvais plus le croire, il n'était pas fiable..Je lui en ai voulu longtemps pour cette sacrée télé !

Ça te gâche une bonne partie de ton avenir ce genre de connerie ! Tu pars dans la vie avec des idées reçues qui empoisonnent tes futures relations..

Et maintenant qu'ils ne sont plus là, mon père et ma mère, je donnerais des années de ma vie pour les revoir, leur dire que même si notre vie n'avait pas été parfaite, c'était quand même bien...Que même s'ils ne savaient pas nous manifester leur tendresse on savait qu'ils nous aimaient..Qu'ils avaient fait de leur mieux avec ce qu'ils avaient...

Allez !! une p'tite toile !

Sherree Valentine - Daines



jeudi 28 juillet 2022

Tristesse...

 Hier j'ai accompagné mon amie pour l'enterrement de sa fille....Cécile 45 ans,  s'est couchée pleine d'espoirs et de rêves, elle attendait le retour de sa fille partie faire ses études au Canada pour le lendemain, elle venait d'apprendre qu'elle même avait réussi brillamment son examen pour devenir cadre supérieur....toute la famille et les amis  avaient beaucoup ri, chanté, dansé...Elle s'est couchée sur un dernier message tendre à sa maman...et ne s'est pas réveillée...

Son mari, le matin, a cru qu'elle faisait la grasse matinée, c'était son premier jour de vacances, il l'a donc laissée dormir....Vers 10h il lui a monté son café et il s'est rendu compte qu'elle n'était plus là...Elle était partie rejoindre les étoiles.. crise cardiaque foudroyante...Et pourtant, elle n'était absolument pas malade du coeur...C'était une sportive, avec une vie saine...Incompréhensible ! 

Elle était lumineuse et pleine de vie...se souciant plus des autres que d'elle-même, attentive à ses trois frères et sa soeur...Très fusionnelle avec sa maman, elles partageaient tout ! Le bon comme le mauvais...

L'église était tellement pleine qu'ils ont dû rajouter une vingtaines de bancs sur le parvis...Elle habitait le midi, mais son coeur était dans sa ville natale, près de sa mère et toute la ville lui a rendu un dernier hommage...

Je suis tellement triste pour son mari, sa fille de 20 ans et sa maman...Elle avait encore tellement de choses à vivre...Repose en Paix Cécile !







dimanche 17 juillet 2022

Il tombe....


Depuis que son fils l'a quitté....Il tombe...


Il se fait du mal , il se dit qu'il doit payer..


Payer pour ce qu'il est, pour ce qu'il a été..


Parce qu'il pense qu'il n'a pas été le bon modèle de père..


Mais y a t il vraiment un bon modèle?


y a t il un mode d'emploi pour faire les bons pères?


y a t il un mode d'emploi pour faire les bons fils?


Y a t il un mode d'emploi pour éviter d'avoir mal?


y a t il un mode d'emploi pour continuer à vivre sans se faire du mal?


Alors il tombe....Sur le trottoir, de toute sa hauteur il se casse le nez, rentre avec  la tête en sang...


Urgences...opération bientôt, cloison nasale déviée..Il ne respire plus bien la nuit...Il s'étouffe..


L'autre matin, il est à nouveau tombé, la tête la première sur la table de nuit...


Coupure qui  saigne très fort...il prend des anticoagulants pour son coeur...son coeur qui saigne...son front qui saigne...


Urgences...encore...Jusque quand?  Il est tellement malheureux qu'il se fait mal..il y en a qui se coupent, qui se scarifient...


Lui tombe...


Opération du coeur..on l'ouvre pour une pathologie, et on en répare deux de plus..Même son coeur se brise sans qu'il le veuille...


Depuis plusieurs jours des taches sanguines apparaissent sur son corps..


Regarde! Ma mère avait ça,  elle aussi...Il sort sa tristesse par tous les pores...Il gratte, le sang sort, ça fait des croutes qu'il va arracher pour saigner à nouveau...


Il a mal... Et on ne peut pas l'aider...juste être là...Panser ses plaies...Oublier ses propres peines, oublier qu'on est seuls.. Ne plus se faire d'illusions..Arréter d'espérer, arréter de penser...


Allez ! une p'tite toile !

Jerémy Lipking 1975



mardi 5 juillet 2022

Souvenirs....

 Elle est de plus en plus bizarre cette maison vide....

Vide de cris, de rires d'enfants...

De "Mamy tu me fais des patates à l'étouffée, qui sont les meilleures du monde entier ?"..

De "Papy, viens, on va se déguiser au grenier! Viens on va dessiner! viens on va se promener au parc, au cimetière, en ville..."

Plus de demandes, plus de câlins, plus de lecture le soir avant de dormir...On a remisé au grenier tous les objets rassurants...Le réveil "Hello kity", le lit parapluie avec son mobile qui n'a servi que quelques fois...Les légos, les perles, les livres, les poupées se sont fait une place dans la soupente et prennent la poussière...Un jour, je me résoudrai à tout mettre chez Emmaüs...Au moins,   ça servira  à d'autres enfants..

De temps en temps, je monte, je trie, et je remets tout à sa place.

Je t'ai perdu petit garçon dont le visage s'estompe...plus d'un an sans te voir....Tu as 3 ans, mais je suis devenue  absente de tes souvenirs...Tu ne te souviens pas que j'existe, car la parole est absente..Si on n'entretient pas le souvenir...on disparaît...Heureusement que tu es dans mon coeur, et que j'ai encore assez de mémoire pour me souvenir de ton odeur, de tes grands yeux, de ton sourire....

Les vacances sont là....L'homme passe de plus en plus de temps dans sa maison à la campagne ...Les semaines défilent et rien ne change..Il faut se faire une raison ...

Il faut arréter d'attendre.  Je n'ai pas de solution, juste le coeur gros,  que tant d'amour  et de tendresse  restent inemployés...

Allez ! une p'tite toile ! assemblage et collage....

Vicky Rawlings



lundi 27 juin 2022

Encore le CHU.....

 L'homme est parti au CHU dans un état pas possible ! Une opération du coeur prévue depuis quelques mois...je pensais que c'était la peur , mais non ! Sa foutue angoisse qui se  met en place chaque fois qu'il doit partir de la maison...à peine arrivé, il s'est déjà assommé avec du léxomil...L'opération aura lieu demain vers 11h...

On va croiser les doigts car lors de la première opération du dos, son coeur s'est arrété lors de l'anesthésie...réanimation, et pas d'opération...Son coeur avait un problème qu'il a fallu régler avant d'envisager une quelconque  opération.. quelques mois plus tard, il a pu enfin être opéré du dos...

Après son opération du coeur, prise d'anticoagulants qui lui donnaient des effets secondaires pas sympas...Donc pour pouvoir les arréter il faut une deuxième opération...

Ensuite il est prévu qu'il repasse sur le billard pour une opération du nez...Il est tombé devant la maison et s'est vraiment cassé le nez...déviation de la cloison, respiration difficile la nuit....et là, pourquoi ne pas en rajouter une louche, il a fait un malaise cette semaine...il est tombé la tête la première sur la table de nuit...Plaie au front qu'il a fallu suturer aux urgences et le nez en a pris un coup lui aussi...

Qui a dit que la vie était un long fleuve tranquille? Je pense que tous les deux on a fait le plein de visites, d'opérations dans les hopitaux...Va-t-on être tranquille après tout ça ?? 

La vieillesse est un naufrage qu'il a dit....(le général de Gaule) il n'avait pas tort ! On se rend compte qu'on passe plus de temps à se soigner qu'à profiter de la vie...Heureusement que nous avons pu recharger les batteries début juin ! 

Allez !! une p'tite toile !!

Akira Kusaka Illustrateur....




samedi 11 juin 2022

Parenthèse enchantée !

 Après ces deux années de galère, covid, cancer et compagnie....j'ai vécu une parenthèse enchantée à deux pas du bassin d'Arcachon...Comme je l'ai dit auparavent, je n'y allais pas pour faire du tourisme mais pour me recharger en tendresse et amitié..Et j'ai été super gâtée ! 

J'ai enfin pu voir mon petit-fils dans son super atelier où il fabrique avec amour des milliers de baguettes et autres viennoiseries...Me saouler des odeurs du marché de la Teste, qui est super animé....Déguster un plateau de fruits de mer dans une des  cabanes  en compagnie des canards qui circulent entre les tables...



J'ai adoré rencontrer mon amie Passion qui nous a régalés de bons petits plats dont elle a le secret...Un bel aïoli et une panacotta aux fruits rouges...en apéro,  un pain aux herbes avec des petits poivrons marinés à l'huile d'olive...Une soupe froide, une pure merveille, que je referai avec plaisir .C'est une magicienne des fourneaux et une artiste avec son hectare de terrain fleuri et boisé ! Nous avons rapporté des pousses de mimosa et de laurier sauce, en espérant qu'ils apprécient le climat de l'Est de la France !! Je l'ai trouvée comme je l'espérais, attentive, ouverte, chaleureuse ! Nous avons passé des moments courts mais intenses ! Je la remercie encore pour son accueil amical ! Quelques photos souvenirs....







9 jours, ça passe à une vitesse folle, et nous voici revenus chez nous, avec de l'amour et de la tendresse plein le coeur...Nous y reviendrons très vite !
Pas de petite toile, mais une photo de mon amour de petit fils avec Margot sa chérie !