mercredi 31 janvier 2018

Réminiscences......

Le réveil  sonne à grand bruit ! vite la main dessus pour ne pas réveiller toute la maison qui dort encore....Il est 3h 20, et c'est pas une heure pour les gens honnêtes de se lever...et pourtant, il faut y aller..

Il y a des matins, je pleurerais, là, assise sur le bord du lit...mais pas le temps de s'attendrir, j'ai 30 minutes pour me préparer...L'été, ça va encore, on entend les oiseaux chanter, et on sait très tôt le temps qu'il va faire...

l'hiver , c'est l'angoisse...Il fait noir, il fait froid !

 marcher dans la maison sur la pointe des pieds durant une demie heure devient de plus en plus épuisant...Passage obligé à la salle de bain...J'allume ma première cigarette, et les gestes s'enchainent sans aucune réflexion de ma part..La machine est bien rôdée, je suis une femme d'habitudes....je fais les mêmes gestes tous les matins, inlassablement, et comme il est tôt, personne ne vient troubler mon rituel....maquillage,  assise sur la cuvette des wc, j'allonge mes cils tout en tirant sur ma cigarette ..La fumée monte et s'infiltre dans la petite bouche d'aération qui monte vers l'étage... je sais que l'homme sera réveillé par l'odeur désagréable de la fumée....je le sais, mais je le fais quand même....Parce qu'il m'énerve avec ses grandes affiches qu'ils a épinglé sur tous les murs de la maison..." FUMER...TUE"....m'en fout.....J'allume ma deuxième cigarette au mégot de la première et je file boire mon café....Un coup d'œil dans les chambres des garçons qui dorment et je sors dans la nuit froide pour aller prendre mon bus qui passe à 4h10.....7 minutes de trajet à pied.....

Je vole des roses jaunes sur la palissade d'un immense jardin que je longe....Ces fleurs vont ravir mes yeux durant mes 8h de travail à la chaîne....

Le bus arrive..Il en est à son 3ème arrêt et il y a déjà 5 personnes dans le bus...On se salue de la tête, certaines continuent leur nuit...C'est silencieux le matin, tout le monde est renfrogné...Je me racrapote sur mon siège et j'allume ma 3 ème cigarette...nous avons 17 kms à faire avant d'arriver à l'usine...Je ne compte plus souvent en kms, je préfère compter en cigarettes....

Du réveil à l'usine j'ai déjà salopé mes poumons avec 5 cigarettes ...Le bus freine et s'arrête...4 personnes montent, pas de paroles échangées, on dirait qu'on nous emmène à l'abattoir....

Sainte Hélène.....arrêt plus long..Il y en a toujours une en retard..Tous les jours, on attend quelques minutes, afin que Mme trucmuche  fasse son apparition...Elle est vieille, la soixantaine parait il, mais elle en fait dix de plus...cassée en deux par sa double journée...elle trait les vaches avant de partir et lorsqu'elle monte une odeur tenace de fumier s'impose à nos narines...Personne ne moufte ! à quoi bon ...Elle sent mauvais, on le sait, elle le sait, mais y'a pas le choix...Faut bien qu'elle vive...Elle ne voit plus trop clair, pas de quoi s'acheter des lunettes, n'entend plus très bien, mais chaque matin elle est là, fidèle au poste...même malade à crever, elle vient ...

Quand on arrive à l'usine, c'est le pointage..On lui sort sa carte et on la lui pointe, c'est comme ça depuis toujours...on pense qu'elle ne sait pas lire ni écrire, mais on n'en parle jamais...à quoi bon....On s'en est rendu compte le jour où elle a été embauchée....elle est restée devant le tableau rempli de cartes avec un oeil hébété, en prenant une au hasard, la reposant...puis une autre.....et puis, elle a dit "je n'ai pas mes lunettes...." et on lui a demandé son nom...et depuis, on la pointe chaque jour...Il arrive même qu'on la pointe alors qu'elle est en congé...

Puis on se masse toutes au milieu de l'atelier, attendant le chef....celui qui va décider de notre sort pour la journée...Il place tout de suite la plus âgée....vous allez faire de l'avance de coupelles Mme trucmuche...pas compliqué...Une vis, un ressort sur la vis et une coupelle pour terminer...elle est chargée de ravitailler toutes les chaines qui feront ce type de rétroviseurs ....Elle cherche sa chaise des yeux, car comme on fonctionne à 2 équipes, une du matin et une du soir, il arrive que nos chaises se trimballent dans l'atelier...C'est d'ailleurs la première chose qu'on fait en arrivant...Vous dire que c'est précieux une chaise n'est pas assez fort....c'est l'outil qui va faire que votre journée sera confortable ou pas...parfois, des ouvriers des autres ateliers viennent  les piquer ...Tant qu'on n'a pas retrouvé notre bien, celui qui est à la bonne hauteur, qui a presque pris la forme de nos fesses à force d'y être assis, on n'entame pas la journée...C'est con, mais les premières paroles qu'on entend le matin, c'est à propos des ordures qui ont piqué notre chaise...

Ensuite, selon l'humeur du chef, on est placé les unes après les autres sur une commande bien spécifique...La première assemble des tiges qu'elle balance sur la chaîne qui avance, la seconde assemble la tige sur le boitier, la troisième assemble les glaces sur des joncs brûlants qui sortent d'un four qui souffle une chaleur d'enfer, et la dernière emballe le rétro.....1200 rétros...1200 fois je prends le rétro sur le tapis, je claque une glace dessus, l'essuie avec un chiffon alcoolisé, remet le rétro sur le tapis, prends le nouveau rétro qui arrive.....1200 fois.....

Faut pas trop penser hein? Sinon, personne ne serait là...Si on se mettait à réfléchir on retournerait toutes se coucher....

Un matin, on en a ramassé une de plus sur le chemin...Une nouvelle, qui a encore l'oeil brillant et qui sourit en montant dans le bus...Comme personne ne répond à ses avances, elle s'installe toute seule dans le fond...je vais vous dire, quand on fait ce genre de boulot, on perd vite toute humanité...Moi, le premier jour, je suis montée toute fraîche et souriante, j'ai dit "bonjour" gaiement, mais j'ai pas eu de réponse....Mes premiers pas dans le vestiaire situé dans un sous sol m'ont refroidie d'office , j'ai  quitté mon manteau et suivi le troupeau...j'ai pointé, comme tout le monde et suis restée à l'écart ...
Mon premier jour je m'en souviendrai toute ma vie....je suis sortie avec les mains remplies d'ampoules, brûlée par les joncs des glaces car personne ne m'a filé de gants afin que ce soit plus confortable...deux fois 7 minutes pour aller aux toilettes, et ne  jamais partir sans être remplacée...et c'est jamais quand on en a envie, c'est quand "EUX" en avaient envie....J'ai vite appris à ne plus boire trop de café ou d'eau...
et puis il a fallu choisir: les toilettes ou la cigarette....J'ai choisi la cigarette, il suffisait de bien prendre ses précautions avant...

à 8h30...Casse croûte..Tout le monde en file indienne descend à la cantine...1/2 heure de repos...pipi, un café, un sandwich, 3 cigarettes.....

ça bourdonne  partout, ça rit, ça parle, ça crie....ça se réveille quoi !! à 9h, on se dit : "encore 4 heures à tirer..." C'est les plus longues, celles qui se traînent , celles où votre haut du dos commence à brûler, celles qui vous font dire chaque jour: "demain, je n'y vais pas...." car oui, à la fin, personne ne vous oblige à aller travailler dans cet atelier de merde....L'homme sera bien content de me voir rentrer à la maison la tête basse.....

13h....on quitte l'atelier sur un dernier pointage, on monte dans le bus et deux cigarettes plus loin, me voilà revenue à la maison.....

Dringggggg ! 3h20....il faut y retourner.....Car non ! pas question d'abandonner....


15 ans j'y ai passé !! 15 ans ! si ce n'est pas de la folie, ça y ressemble fortement !

mardi 9 janvier 2018

Québec.........

Je viens de voir de magnifiques photos d'une amie blogueuse, Mamina, sur Québec....et comme je "feugnais" sur le net, j'ai pleuré de rire avec cette histoire ! je partage avec vous !!

C'est  l'HISTOIRE D’UN COUPLE DE FRANÇAIS QUI EMMÉNAGENT AU QUÉBEC ...................

Le 1er AOÛT : Nous venons d’emménager dans notre nouvelle maison au Québec. C’est très beau ici. Tout est si immense et sauvage, et les montagnes sont si majestueuses. J’ai très hâte de les voir recouvertes de neige, et de voir le fleuve pris dans la glace.

Le 1er OCTOBRE : Québec est le plus bel endroit du monde. Les feuilles des arbres ont pris toutes les teintes possibles de rouge et d’orange. Nous sommes allés nous promener en montagne et nous avons vu des chevreuils. Quelles créatures gracieuses ! Ce sont certainement les plus beaux animaux de la création. Cet endroit est le paradis sur terre ! Je l’adore.

 

 

Le 1er NOVEMBRE : La saison de chasse au chevreuil commence bientôt. Je ne peux pas croire qu’on puisse tuer un si bel animal. J’espère qu’il neigera bientôt. J’aime vraiment le Québec (sauf en ce qui concerne ses lois sur la chasse, bien sûr. Mais, il est vrai que nature et sauvagerie vont un peu de pair…).

 

Le 1er DÉCEMBRE : Il a neigé hier soir. Nous nous sommes réveillés ce matin pour découvrir que tout était devenu blanc. Une vraie carte postale ! Nous sommes tous sortis et avons fait un combat de boules de neige. C’était vraiment le pied ! Quel bel endroit ! L’air est pur, tout est propre et blanc. C’est magnifique !

 

Le 10 DÉCEMBRE : Encore de la neige hier soir. C’est merveilleux ! La « charrue  » nous a encore fait une petite blague dans l’entrée. (Les Québécois appellent « charrue » le chasse-neige qui pousse la neige hors des chemins. Une autre de leurs cocasses expressions si typiques…) Les Québécois sont sympas… De bons vivants qui aiment s’amuser malgré la neige et le froid, quoi !

 

Le 15 DÉCEMBRE : Encore de la neige hier soir. J’ai été un peu embêté hier parce que je n’ai pas pu sortir la voiture de la cour pour aller travailler. La neige, c’est très beau, mais j’avoue que je suis un peu épuisé de pelleter. »Crisse de charrue », comme disent si typiquement les Québécois ! « Crisse » est un juron utilisé par les habitants de ce pays ayant une tradition catholique très imprégnée. Les habitants semblent l’utiliser assez fréquemment, à cause de l’hiver peut-être… À éviter quand même car il s’agit d’une expression vulgaire, me disent même les gens d’ici. Je crois que leur manque de vocabulaire amène les Québécois à utiliser ce juron plutôt que des expressions plus recherchées).

 

Le 21 DÉCEMBRE : Il est encore tombé de la merde blanche hier soir. Tu ne le croiras pas, mais j’ai des ampoules plein les mains à force de pelleter. Je crois que le gars de la « charrue » se cache dans un coin de la rue et attend que je finisse de pelleter pour remplir mon entrée de voiture. J’ai d’abord cru qu’il nous faisait ça parce que nous étions nouveaux dans le coin, mais je crois maintenant que c’est parce qu’il est fondamentalement  » un calice de chien sale « . ( » Calice de chien sale  » est une expression parfois employée par les gens d’ici pour désigner les gens avec qui ils ont des conflits ou qu’ils n’aiment carrément pas.)

 

Le 25 DÉCEMBRE : Joyeux Noël ! « Hostie de crisse de temps des fêtes à « marde », comme ils disent parfois ici. Il est encore tombé de la tabarnac de neige « Tabarnac » est un autre juron catholique qui vient du mot « tabernacle »). Un Noël blanc, c’est bien beau, mais n’empêche que si jamais je mets la main sur le calice de chien sale qui conduit la charrue, je m’en vas y faire faire  » un hostie de boutte  » sur les coudes. (Autre expression typique, mais tu commences a t’en foutre, des expressions typiques…) Je ne comprends pas pourquoi ils ne mettent pas plus de sel (ils disent « calcium », ces cons de Québécois !…) sur les routes pour faire fondre la glace.

 

Le 27 DÉCEMBRE : C’est pas croyable, mais il est encore tombé de la crisse de neige hier soir ! Et ce matin, on se les gèle à se les fendre ! Ca fait trois jours qu’on n’est pas sortis de la maison, sauf pour pelleter la tabarnac d’entrée à chaque fois que le calice de chien sale passe avec son hostie de charrue ! On peut aller nulle part. Le char (Ils disent « char » au lieu de voiture parce qu’ils ont tous la bouche gelée) était pris dans une véritable montagne de neige. Quand j’ai eu enfin fini de tout gratter, le crisse de  » bazou  » (ça c’est une bagnole aussi, ils passent leur vie à filer des noms à la con aux bagnoles….) voulait pu partir à cause du frette ! Y faisait moins vingt-sept à matin, calice ! Ça se peut presque pas ! Avec le facteur vent à marde, ça faisait moins 44 Celsius ! Incroyable ! Tu vas pas pisser dehors avec un temps pareil, j’te jure ! Sauf que nous, il faut qu’on aille pomper l’eau à bras dans le hangar à côté… Si on avait su, on aurait acheté une maison avec pompe électrique et puits intégrés comme eux ! En plus d’être un peu cons, ils doivent pas avoir la bite grosse en hiver, eux-là ! Québec, pays des bites gelées ! Ha ! Ha ! Ha ! Ce midi, la gonzesse de la météo a annoncé qu’il ferait un peu plus chaud mais qu’il allait tomber 10 pouces de plus de neige « à soir »… Dix pouces, c’est la longueur de ma queue (sans blague !), et ça fait dans les 20 centimètres…

 

Le 28 DÉCEMBRE : La gouine de la météo se l’est mise complètement dans le trognon, la connasse ! On en a eu pour 24 pouces de c’te calice de marde-là ! 24 pouces, crisse de calice de tabarnac ! Soixante centimètres ! Non, mais tu te rends compte ? Ca sera pas fondu avant l’mois d’août, ça, calvaire ! Pis tu le croiras pas, mais la charrue est restée prise dans le banc de neige en face, pis l’hostie d’écœurant qui la conduit est venu cogner chez nous pour demander s’il pouvait emprunter ma pelle ! Après lui avoir dit que j’avais passé au travers six pelles pour pelleter toute la marde qu’il m’avait poussé dans l’entrée, j’y ai cassé la septième sur sa crisse de tête de d’épais !

 

Le 30 JANVIER : On a fini par sortir de la maison aujourd’hui. On a enfin pu se rendre à l’épicerie pour acheter de quoi manger, mais en revenant un calice de chevreuil s’est crissé devant le char pis je l’ai fessé. J’ai pour 3000$ de dommage ! L’hostie d’imbécile m’a vu arriver, j’ai klaxonné, mais y est resté la à nous regarder foncer su lui comme un crisse d’innocent ! Comment ça se fait que les hosties de chasseurs les ont pas tous tués au mois de novembre, ces hosties de pourritures-là ? J’ai jamais pensé qu’un animal puisse être si stupide !

 

Le 1er MAI : J’ai emmené le char au garage. Y’est plein d’hosties de trous ! Plein, d’un bout à l’autre, calvaire ! Y a pas six pouces carrés qu’y a pas de rouille, calice, à cause de l’hostie de calcium qu’ils mettent partout dans les chemins, c’te gang de tabarnac d’épais-là ! Ça peut ben leu coûter cher de vivre ici, hostie de calice ! Y scrappent un char par année, c’est sûr, à marcher d’même, gang de tabarnac !

 

Le 30 MAI : Marie-Maude pis moé, on a décidé de crisser notre camp en France. La neige a même pas fini de fondre dans le boés que les hosties de maringouins (ça c’est des putains de moustiques qui te font des cloques comme des balles de tennis) pis les tabarnac de mouches noires commencent à sortir (ces mouches-là, tu peux pas le croire elle te bouffent le steak sur le dos…). On peut même pas prendre une bière dehors sans n’avoir plein ‘à face, calice, moi qui voulait profiter de mon beau lac ! J’en ai plein le cul du Québec et des hosties de Québécois ! J’peux pas comprendre qu’y aille du monde assez innocent pour rester dans un crisse de trou pareil !



mardi 2 janvier 2018

Meilleurs voeux !!

Je vous souhaite à tous une année pleine de bonheur....j'ai trouvé ce petit texte qui résume super bien ma pensée......


Tout est dit non ?....... Et en bonne coccinelle que je suis j'ai trouvé ces paroles très justes ! Restons nous même, avec nos qualités, nos défauts, améliorons ce qui peut l'être et vivons ! Bonne année à tous !!