Je trouve ça tellement drôle et tellement vrai !! lol
mercredi 22 novembre 2017
lundi 20 novembre 2017
Edmond......
Inspiré par Josette qui a écrit un superbe texte sur Edmond ...Elle m'a donné envie de me prêter à l'exercice.....à partir d'un tableau racontez une histoire courte avec les mots incorporés ! "Ciel, chaussure, coq, couronne, crapaud"
Montre moi ce bras Edmond ...Je vois bien qu'il est tout tordu, tu as certainement une cassure, j'en suis sure ...Qui t'a fait ça Edmond ? ou alors, es tu tombé ?
Je suis monté dans l'arbre pour y cueillir des cerises.... tu as remarqué papy, elles sont toujours plus belles en hauteur...oui, je sais que tu ne veux pas que je grimpe aux arbres mamy, mais je trouve cela tellement injuste de les voir si belles et de ne pas pouvoir les atteindre...et même si j'avais peur, une petite voix me disait "regarde le ciel, ne regarde surtout pas en bas..." J'ai regardé le ciel, et je me suis cramponné aux branches.....à un moment, un merle m'a frôlé et j'ai perdu ma chaussure tellement j'ai eu peur....Et puis, il s'est mis à piailler comme un possédé et tout à coup j'ai été entouré de pleins d'oiseaux qui voletaient autour de moi...
J'avais peur, mais il ne serait pas dit qu'une bande d'emplumés me feraient fuir ! J'ai donc continué bravement, et si vous m'aviez vu vous m'auriez donné la couronne du courage, car je n'ai rien lâché ....Plus je grimpais et plus mon coeur s'emballait...de là où j'étais, je voyais le clocher de l'église et le coq dressé à son faite semblait me regarder d'un air moqueur....
J'en ai mangé plein des cerises papy, et maintenant, j'ai mal au ventre.....ça fait un drôle de gargouillis, on dirait qu'un crapaud veut sortir de mon estomac....
ça ne me dis pas comment ton poignet est dans cet état ?....dit mamy inquiète....
c'est la faute des bébés merles....Ben oui, j'ai compris pourquoi ils m'attaquaient avec tant d'ardeur...sur une branche, là où étaient les plus belles cerises il y avait un nid...avec quatre bébés oiseaux dedans; et sa maman n'avait pas l'air rassurée de me voir si près, alors elle m'a foncé dessus et je suis tombé au travers des branches...
et je crois bien que j'ai le bras cassé .....mais je me suis bien régalé quand même!!
vendredi 17 novembre 2017
Harcèlement (2)
La violence se manifestait le plus souvent à la sortie du
collège...Moi, j'avais appris des trucs pour les éviter, mais pas elle...Elle
ne leur cédait pas d'un pouce..Elle sortait aux mêmes heures, savait qu'ils l'attendaient dans le petit
chemin qu'elle empruntait pour rentrer chez elle, ils l’entraînait dans une
remise à foin afin que personne ne les voient faire leurs petites saloperies et
la bagarre commençait..Elle ne faisait pas le poids mais se battait
vaillamment...ça durait 10 à 20 minutes,
elle saignait du nez, une fois il lui cassèrent une dent...J'ai assisté une
fois à cet abattage en règle, d'autres élèves étaient là qui encourageaient les
tortionnaires par leurs cris...j'ai pris la fuite lâchement...j'étais
terrorisée...
Ce soir là, alors que je m'étais réfugiée en pleurant dans le
placard sous l'escalier , la porte s'ouvrit et je vis apparaitre mon frère...Il
s'installa tout près de moi sans un mot....Il me tendit un mouchoir et me dit : "raconte!"
J'ai tout dis, tout ce que j'avais subi, tout ce que cette
gamine subissait, tous ces adultes qui s'en foutait....et moi qui n'en pouvait
plus d'avoir peur, qui n'avais pas d'amis , qui n'osais pas vivre pleinement ma
scolarité de peur de me faire tabasser....Je le voyais serrer les dents, j'ai
même vu une larme pointer dans ses yeux.....Pourquoi n'as tu rien dit ? je l'ai
regardé....je n'ai pas eu besoin de parler, il savait qu'il n'avait pas été
présent, ni pour moi, ni pour les parents...
Ce soir là, on s'est parlé comme jamais...il m'a parlé de ses
frustrations, de cette vie qu'il n'acceptait pas, de son incompréhension ...Les
parents n'avaient rien expliqué de leurs problèmes, on s'était retrouvé dans le
camion de déménagement sans une explication...
Il leur en voulait de ce silence, il avait 17 ans, il pouvait
comprendre....
c'était les vacances de Noël, cette parenthèse sans école
allait nous faire du bien à tous...Notre père ne travailla pas durant une
semaine et fut plus disponible...On put reprendre le dialogue, des questions
furent posées, sans crainte...Mon père y répondit, et pour la première fois
depuis bien longtemps on le vit détendu
...Car il aurait peut être une bonne nouvelle à nous
annoncer pour Noël...La boite qui l'embauchait cherchait un comptable, son
patron appréciait beaucoup son courage
et sa détermination et c'était lui qui lui avait proposé ce nouveau job...Notre
mère, elle, venait de passer un entretien...Un poste de secrétaire était à
pourvoir dans la même entreprise que lui... et si tout fonctionne bien, mon
patron nous propose d'occuper une maison tout près de l'entreprise...Une belle
maison qu'on pourra acheter en location-vente...
Que des bonnes
nouvelles pour Noël...mon frère et moi, n'eûmes pas le courage de parler du harcèlement
scolaire . Ils étaient heureux, à quoi
bon assombrir ce bon moment qu'on passait tous ensemble !
Il y eut des belles journées pleines de complicité entre mon
frère et moi....Bientôt l'école reprendrait et rien que d'y penser la nausée
montait....
Mon frère me rassurait, il prenait mon bien-être très à cœur...Je
te promets que les choses vont changer, fais moi confiance!
Je ne savais pas ce qu'il complotait, mais il y eut des coups
de fils, des rencontres à l'extérieur d'où il revenait le sourire aux lèvres
....
Noël fut superbe! mes parents rassurés sur leur sort, nous firent
des cadeaux , un beau sac d'école pour moi, un abonnement sportif pour mon
frère, on veilla tard, on eut même droit
à un petite coupe de champagne...
Le jour de la rentrée arriva trop vite.....Ma mère fut
étonnée quand elle me vit descendre avec mon bon vieux sac...Tu ne portes pas
le nouveau m'interrogea t elle? Non, je préfère le garder encore un peu...celui
là, fera bien l'affaire jusqu'à la fin de l'année...
Ils avaient obtenu tous les deux le travail qu'ils
voulaient...et ce matin là, nous franchîmes à 4 la porte de
l'appartement...Nous pouvions commencer à faire les cartons, on déménagerait à la fin du mois !
Mon frère m'accompagna jusqu'au collège...C'était bien la première
fois qu'il le faisait! Je serai là ce soir à 16h et je t'attendrai dans le
petit chemin, tu n'as aucune crainte à avoir !
J'étais rassurée de le savoir là...Toute la journée, j'ai
essayé de parler à Marie, afin qu'elle parte en même temps que moi...à deux,
avec mon frère, on ne risquait pas de se faire attaquer...Mais je n'ai pas pu
lui parler ...
Dès la sortie, l'attaque commença dans la cour...le sac de
Marie vola dans les buissons et comme elle se penchait pour le ramasser, un des
garçon la poussa fortement du pied afin qu'elle s' affale durement par terre...
Deux profs discutaient dans la cour, ils virent tous les deux ce qui se
passait, à part pousser un cri, pas un ne bougea...
Les 4 tarés sortirent en
ricanant et se dirigèrent vers le petit chemin.... J'aidais Marie à se relever, et je lui dis de
m'accompagner, mon grand frère serait là pour nous protéger...elle me suivit,
un peu réticente...
Dès que nous arrivâmes dans le petit chemin, on stoppa net au
spectacle qui se présentait à nous....Il y avait une quinzaine de grands
gaillards qui faisaient un rempart autour des 4 bourreaux....Mon frère, des
amis qui étaient au même lycée que lui, les 4 frères de Marie et leurs copains ....Ils
poussèrent sans ménagement les quatre tortionnaires qui commençaient à ne plus
crâner vers la remise ...on sentait la peur dans leur yeux! La terreur avait changé de camp ...Mon frère nous
demanda à Marie et à moi de rentrer chez nous...
Le chemin fut long jusqu'à la maison, le temps s'écoulait
lentement...J'attendais le retour de mon frère avec impatience .....lorsqu'il
rentra , il me prit dans ses bras et me dit : c'est fini....plus jamais, ils ne
viendront vous torturer....
Le lendemain, j'abordais la cour de l'école le cœur un peu
plus léger...Marie était là et me souriait....viens, me dit elle! Je la suivis
à l'intérieur de l'établissement, et j'ai dû me mordre les lèvres pour ne pas
éclater de rire ! les 4 tarés étaient là en piteux état...Non seulement ils
avaient pris la raclée qu'ils méritaient, mais ils avaient tous les quatre la
boule à zéro....les deux filles qui avaient des cheveux longs superbes, avaient
le crâne rasé, ainsi que les deux garçons...leurs parents hurlaient près du
bureau du proviseur, ils demandaient à ce que des têtes tombent...que les
bandits qui avaient rasé leurs petits chéris se dénoncent, qu'ils allaient
porter plainte.....
Je croisai leurs regards, et Marie, elle , éclata de rire !! cet éclat était si
contagieux que tous les autres élèves se mirent à rire eux aussi ! il faut dire
que nous n'avions pas été les seules à avoir été maltraités...Tous, dans ce
collège les craignaient...et de les voir déplumés ainsi ça nous réconfortait , ça
nous mettait du baume au cœur...
Une enquête fut ouverte....Mais personne ne connaissait la
bande de jeunes qui avaient puni ces malheureux ...et même si certains en connaissait,
personne n'osa ouvrir la bouche !
Rapidement les parents changèrent leurs rejetons d'école
...Mais comme ça avait fait la UNE du journal local ils ne passaient jamais
inaperçus....Ces petites brutes avait trouvé plus forts qu'eux et n'étaient pas
prêts de recommencer...
Curieusement, plus personne dans le collège ne s'amusa à ce
genre de harcèlement...Le mot avait été passé et quiconque prendrait un gamin ou une gamine pour cible subirait la
même chose que les 4 petits tondus....
Nous changeâmes de maison, la vie devint plus douce dans la
nouvelle maison....les années au collège passèrent très vite et mes notes
s'envolèrent comme par magie !
J'abordai le lycée avec beaucoup plus de sérénité...Mon frère y avait passé 3 ans et
avait laissé de bons souvenirs dans la tête des profs... Je me suis fais plein
d'amis mais souvent, je pense à la
petite souris que j'étais lors de mon arrivée en 6 ème....et souvent je pense à
tous ces jeunes qui subissent encore les sévices de gamins trop surs de leur
impunité...Souvent je me dis que les profs, les adultes ne sont pas assez
attentifs à la souffrance scolaire, et qu'il faut de temps en temps les
rappeler à l'ordre...
C'est ce que je fais dans le journal que j'écris avec
quelques camarades...Chaque mois différents sujets sont abordés, et une boite à
idées est mise à la disposition des élèves....Chacun peut y parler anonymement
ou pas, de ce qui le préoccupe....Avec le proviseur et les professeurs nous
nous réunissons chaque mois...Parfois, pour dire tout ce qui va bien, mais
aussi pour dire ce qui va mal...et chacun fait un bout de chemin pour améliorer
le quotidien .....
Harcèlement .. (1)
Fiction.......
Elle se réveilla comme tous les matins avec la peur au
ventre...cette peur dont elle ne pouvait pas parler, une peur cachée sous
différents masques qu'elle se composait au fur et à mesure que la journée
passait.....
Elle avait fait une entrée au collège le sourire aux lèvres,
un peu craintive car elle passait dans la cour des grands, mais elle se
réjouissait à l'avance de toutes les nouvelles copines qu'elle allait se
faire...
Ses parents avaient déménagé à la fin de son CM2 et elle se
retrouvait dans une ville où tout était à découvrir ! Elle avait dû, le cœur
gros, faire ses adieux à ses amies du primaire, des amies qui avaient été en
même temps qu'elle à la maternelle et qui avaient comme elle appris à lire et à
écrire sous l'œil bienveillant d'une maîtresse à l'écoute....
La ville où son père avait trouvé un nouvel emploi, restait
une inconnue pour elle.....Ses parents rencontraient de grosses difficultés
financières et ils avaient été obligés de partir rapidement de l'appartement
confortable qui était le leur....
Elle avait pleuré le jour de l'emménagement dans le nouvel
endroit choisi par ses parents...Son frère aîné, du haut de ses 15 ans, avait
piqué une crise monumentale..."je refuse d'habiter ce taudis hurlait il"...et
elle, elle s'était cachée dans le
placard de l'entrée, se bouchant les oreilles pour ne plus entendre les
cris....
Depuis, il faisait la tête..n'adressant plus la parole à
personne, restant la journée entière sur ses jeux vidéos, les écouteurs sur les
oreilles....Elle avait essayé de lui parler, de se rassurer, mais il avait
hurlé sur elle tellement fort qu'elle s'était une fois de plus carapatée dans
le placard sous l'escalier....
L'ambiance était électrique à la maison...Notre père rentrait
le soir épuisé de sa journée..Il avait dû prendre un emploi qui ne
correspondait pas du tout à celui qu'il faisait auparavant...Il avait exercé le
métier de comptable dans une petite entreprise qui avait fait faillite...22 ans
de travail derrière un bureau..là, pris à la gorge par les dettes qui s'était
accumulées il avait pris un boulot sur un chantier...Il y faisait tout et
n'importe quoi...maçon, électricien, posait du carrelage au besoin..ponçait les
murs....on pouvait lire chaque soir sur son visage la fatigue, la douleur et le
découragement...J'avais peur quand il rentrait...peur de ses yeux sans vie, de
ses mains crevassées, de ses cheveux blanchis de plâtre...
Il passait sous la douche et reprenait un semblant de
normalité...je pouvais alors m'approcher, lui caresser la main, lui montrer
juste en le regardant que je comprenais sa détresse...Il souriait alors,
parlait de choses et d'autres, donnant un coup de main à ma mère en
cuisine...Nous passions à table, mon frère indifférent et moi qui babillait
pour occuper l'espace... les repas étaient simples, chaque sou était dépensé
avec parcimonie, et pourtant ma mère faisait des prouesses pour qu'on ne se
rende compte de rien...
Lorsque je fus inscrite au collège et mon frère au lycée,
nous avions vite compris que cette année il n'y aurait pas d'achats de
fournitures scolaires...Nous allions devoir nous servir de ce que nous avions
déjà...Pas de nouveaux sacs, la liste que mon frère avait du lycée ne
permettait pas de folies...Il voulait un agenda à la mode, mais qui coûtait
deux fois plus cher que ce qui était prévu...Il batailla ferme pour l'avoir ,
menaça de ne rien faire au lycée, menaça de sécher les cours si ma mère n'accédait
pas à ses demandes....Elle dut, la mort dans l'âme céder à ses demandes...quand
je vis ses yeux plein de larmes j'ai eu envie de le cogner ce frère
indifférent...ce frère capricieux qui ne voyait rien des difficultés que nos
parents traversaient...J'ai serré très fort sa main, et je lui ai dit que mon
vieux sac ferait très bien
l'affaire...elle a souri et j'ai senti son soulagement...
J'ai donc fait ma rentrée au collège sans affaires
neuves...ni fringues neuves..ni chaussures neuves...c'était pourtant le rituel
avant ! je me souviens du plaisir qu'on ressentait à chaque rentrée scolaire , ma mère et moi, on dévalisait les magasins,
rien n'était trop beau....mais ça, c'était avant....avant la perte
d'emploi.....
Lorsque je suis arrivée dans la cour, je ne connaissais
personne..Ma mère m'avait accompagnée jusqu'à la grille, et m'avait lâchée dans
un endroit inconnu...Plein de rires, de cris, de jeunes ravis de se
retrouver....et moi, j'étais seule...je me suis mise à l'écart, près d'un petit
muret attendant que sonne l'heure de la rentrée..
Le collège avait un
fonctionnement complètement différent de l'école primaire...chaque heure, tu
devais te rendre dans une nouvelle
classe, chaque heure tu devais faire
face à un nouveau prof ...et j'avais déjà l'angoisse au ventre à l'idée de me
perdre dans ces multiples couloirs..
Premier cours avec la prof principale...Français, histoire ,
géo...On allait la voir assez souvent et dès son arrivée j'ai senti que ça
n'allait pas être simple...grande , blonde, fermée, elle nous toisa d'entrée et
nous interpella d'une voix froide...Assis ! Prenez une feuille de papier,
inscrivez vos noms prénoms date de naissance, profession du père et de la
mère....
Je m'étais installée au fond de la classe à une table restée
libre et je sortis ma trousse et mes feuilles de copie...En levant la tête je
vis toutes les autres élèves en faire autant....Je pense que j'ai été la seule
à avoir une vieille trousse, constellée
de cœurs, de noms de mes chanteurs favoris, constellée de taches d'encre...ma bonne
vieille trousse quoi ! que je traînais depuis des années parce que je l'aimais
bien, parce que mes copines l'avaient signée et qu'elle m'était
précieuse....Malheureusement pas aux yeux des autres..
Nom, prénom, date de naissance...ça allait ! profession du
père? je savais pas ce que mon père faisait..Il travaillait dans le bâtiment,
mais est ce que c'était un métier? et ma mère ne travaillait pas...que devais
je inscrire ? mère au foyer ?
Alors j'ai été au plus simple...J'ai mis comptable et
secrétaire....c'était pas complètement un mensonge puisque c'était ce que faisaient mes parents dans notre vie
d'avant....
La première heure ne fut pas aussi catastrophique que je
l'aurais cru...Pour pouvoir nous évaluer elle nous fit faire une dictée et une
dissertation....La deuxième heure, c'était les corrections de ce que nous venions
de faire...
J'étais assez bonne en français et ça m'avais paru assez simple...Seulement, le niveau de la
classe n'était pas très élevé, et lors de ces corrections les moqueries de la
prof rendirent les élèves furieux...Elle lisait à voix haute les dissertations,
soulignant les fautes, appuyant fort sur les points faibles, disant qu'elle
allait avoir une année difficile avec des élèves aussi peu évolués...
Je me racrapotais dans mon coin, crevant de trouille dans
l'attente du jugement..et quand ma feuille arriva entre ses mains j'ai compris
immédiatement que j'allais payer au centuple le fait d'être bonne en
français....
Elle lu sans commentaire ce que j'avais écrit....et puis,
elle commença à me féliciter à dire à quel point j'étais brillante et que
chacun devrait prendre exemple sur moi....qu'enfin, elle avait une élève digne
des cours qu'elle allait nous prodiguer....
J'étais écarlate, je sentais les regards envieux des
autres..j'entendis des réflexions mauvaises sur ma tenue, sur mon sac, ma
trousse.....J'essayais de sourire, mais c'était plutôt une grimace que je
faisais...
Lorsque les deux heures furent passées, il y eu un temps de
pause, avant de rejoindre la nouvelle salle de classe...Je pris bien soin de
sortir la dernière, pour ne pas avoir à subir les moqueries ...à peine arrivée
dans la cour, j'ai compris que le primaire ne nous avait pas appris à nous débrouiller au milieu des
loups...car c'est l'impression que j'ai eu...J'étais le pauvre petit lapin
effrayé par les phares, faisant face à une meute qui n'avait qu'une envie : m'écharper
vivante...
Les brimades commencèrent dès le premier jour d'école....Au
début ce furent des moqueries ...Je ne répondais pas, baissais la tête et
m'approchais au plus près des adultes présents sur les lieux...Un jour, trois
filles me coincèrent dans les toilettes, elles me cognèrent la tête sur le
carrelage des murs, faisant voler mes affaires, les piétinant...Je récupérais
gomme et crayons dans l'eau douteuse des WC...je ravalais mes larmes car
j'avais remarqué que mes pleurs les excitaient encore plus......
J'ai dû apprendre à feinter, à ruser; à me réfugier dans les
toilettes au moment de rentrer le soir....en sortit 20 minutes plus tard, à raser
les murs sans me faire remarquer ...
Je ne mangeais pas à la cantine le midi, Dieu merci ! j'y ai
mangé une seule fois, et elles ont déversé du sel dans tous mes
plats....renversé l'eau de leur verre sur la chaise où je m'asseyais...j'ai dû
supplier ma mère de me faire un sandwich pour le midi...sandwich que je
mangeais enfermée dans les toilettes , me faisant toute petite afin "qu'elles"
ne me trouvent pas...
Un jour, après qu'elles aient découpé au cutter la capuche de
mon manteau, j'ai pris mon courage à deux mains et je suis allée parler à un
surveillant... Je lui ai expliqué ce que je subissais depuis la rentrée, et sa
seule réponse fut un sourire goguenard ! apprend à grandir m'a t'il répondu !
ça forge le caractère ce genre de bêtises, ça apprend à vivre !
Je suis repartie la rage au ventre, bien plus en colère
contre lui que contre mes tortionnaires...je ne pouvais pas en parler à la
maison, ma mère avait assez de soucis comme ça...Elle s'inquiétait pourtant,
chaque jour elle me demandait si tout se passait bien...Je la rassurais en
riant....quand inviteras tu des copines à la maison me suggérait elle? je ne
répondais pas, éludais le sujet....
Mes notes commençaient à s'en ressentir, en français je
m'attirais les foudres de la prof qui me disait à quel point elle était déçue
par mon minable travail...Je ne tenais pas à en rajouter, car bien travailler était synonyme de raclée à la
sortie..
Lorsque mon premier bulletin de notes arriva , j'ai su en
voyant la tête catastrophée de ma mère qu'il allait falloir que je
m'explique..mon père, était assis au bout de la table, un verre de vin à portée
de main, l'œil pas clair...il commentait mes notes d'un air désespéré.. Mais
que se passe t il ? pourquoi cette moyenne minable? L'année dernière tu étais première dans
toutes les matières, cette année tu nous fait honte !
Je pleurais doucement dans mon coin, ne sachant quoi dire...
mon crétin de frère prit ma défense en les accusant froidement ! c'est de votre
faute si ses notes sont minables, on vit dans un endroit minable, tu fais un
boulot minable, on a perdu nos repères depuis le déménagement et vous vous en
foutez de nous ! Il quitta la pièce en donnant un coup de pied dans une chaise
et on resta là, à se regarder, hagards....
Je regagnais ma chambre, promettant de faire mieux...il
allait falloir doser dorénavant ! se débrouiller pour avoir la moyenne sans se
faire trop tabasser...
La sixième passa....la cinquième arriva ! j'avais grandi....
10 cm de plus que l'année d'avant....Plusieurs de mes bourreaux avaient redoublé, j'en
avais découvert d'autres qui avaient
essayé de me faire passer pour un punching ball.
Je me laissais moins faire, je
m'étais endurcie...D'autres nouvelles gamines étaient harcelées..Je me tenais
loin des querelles et des coups...La vie m'avait donné quelques bonnes leçons que je n'étais pas prête
d'oublier...
Je n'avais pas essayé de me faire d' amis, j'étais un peu
marginale et ne me reconnaissais dans aucun des groupes qui gravitaient autour
de moi...
Il y avait une gamine, Marie, qui était en sixième et qui subissait les mêmes sévices que j'avais
encaissé..Mais elle était bien plus combative que moi, et elle n'hésitait pas à
répondre , à se plaindre à la direction...Elle avait 4 frères un peu plus âgés et elle avait dû se battre
pour se faire une place dans la famille..On sentait la hargne qui
l'habitait..Je ne pouvais m'empêcher de l'admirer , elle était tellement forte, bien plus que moi, elle rendait
tous les coups , et plus elle se battait, plus elle attisait leur méchanceté ...ils étaient
4 redoublants , c'était les 4 qui
m'avaient pourri la vie durant toute l'année...2 garçons , 2 filles issus des
quartiers chauds de la ville..
dimanche 5 novembre 2017
"Il automne."..Barbara
Barbara chantait......quelques photos du jardin dans les Vosges qui a revêtu ses couleurs d'automne........
"Il automne, à pas furtifs,
Il automne à pas feutrés,
Il automne à pas craquants
Sous un ciel pourpre et doré.
Sur les jardins dénudés
Se reflètent. en transparence
Les brumes d'automne rouillées,
Rouillées
Dans la forêt de tes cheveux
Aux senteurs de poivres mêlés
Et sur nos nuits de mi-novembre,
Il automne miraculeux,
Il automne miraculeux. "
Le gincko Biloba, l'arbre aux mille écus....
plus bas , en rouge le Liquidambar.....il a eu du mal de pousser mais il commence à prendre de l'ampleur....

La rosée du matin.....
Les toiles d'araignées font un voile de mariée dans les buis...
Allez ! partons en voyage, le rose au coeur, vers l'hiver......
"Il automne, à pas furtifs,
Il automne à pas feutrés,
Il automne à pas craquants
Sous un ciel pourpre et doré.
Sur les jardins dénudés
Se reflètent. en transparence
Les brumes d'automne rouillées,
Rouillées
Dans la forêt de tes cheveux
Aux senteurs de poivres mêlés
Et sur nos nuits de mi-novembre,
Il automne miraculeux,
Il automne miraculeux. "
Le gincko Biloba, l'arbre aux mille écus....
plus bas , en rouge le Liquidambar.....il a eu du mal de pousser mais il commence à prendre de l'ampleur....

La rosée du matin.....
Les toiles d'araignées font un voile de mariée dans les buis...
Allez ! partons en voyage, le rose au coeur, vers l'hiver......
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