mercredi 22 novembre 2017

lundi 20 novembre 2017

Edmond......

Inspiré par Josette qui a écrit un superbe texte sur Edmond ...Elle m'a donné envie de me prêter à l'exercice.....à partir d'un tableau racontez une histoire courte avec les mots incorporés ! "Ciel, chaussure, coq, couronne, crapaud"



Montre moi ce bras Edmond ...Je vois bien qu'il est tout tordu, tu as certainement une cassure, j'en suis sure ...Qui t'a fait ça Edmond ? ou alors, es tu tombé ?

Je suis monté dans l'arbre pour y cueillir des cerises.... tu as remarqué papy,  elles sont toujours plus belles en hauteur...oui, je sais que tu ne veux pas que je grimpe aux arbres mamy, mais je trouve cela tellement injuste de les voir si belles et de ne pas pouvoir les atteindre...et même si j'avais peur, une petite voix me disait "regarde le ciel, ne regarde surtout pas en bas..." J'ai regardé le ciel, et je me suis cramponné aux branches.....à un moment, un merle m'a frôlé et j'ai perdu ma chaussure tellement j'ai eu peur....Et puis, il s'est mis à piailler comme un possédé et tout à coup j'ai été entouré de pleins d'oiseaux qui voletaient autour de moi...

J'avais peur, mais il ne serait pas dit qu'une bande d'emplumés me feraient fuir ! J'ai donc continué bravement, et si vous m'aviez vu vous m'auriez donné la couronne du courage, car je n'ai rien lâché ....Plus je grimpais et plus mon coeur s'emballait...de là où j'étais,  je voyais le clocher de l'église et le coq dressé à son faite semblait me regarder d'un air moqueur....

J'en ai mangé plein des cerises papy, et maintenant, j'ai mal au ventre.....ça fait un drôle de gargouillis, on dirait qu'un crapaud veut sortir de mon estomac....

ça ne me dis pas comment ton poignet est dans cet état ?....dit mamy inquiète....

c'est la faute des bébés merles....Ben oui, j'ai compris pourquoi ils m'attaquaient avec tant d'ardeur...sur une branche, là où étaient les plus belles cerises il y avait un nid...avec quatre bébés oiseaux dedans; et sa maman n'avait pas l'air rassurée de me voir si près, alors elle m'a foncé dessus et je suis tombé au travers des branches...
et je crois bien que j'ai le bras cassé .....mais je me suis  bien régalé quand même!!






vendredi 17 novembre 2017

Harcèlement (2)

La violence se manifestait le plus souvent à la sortie du collège...Moi, j'avais appris des trucs pour les éviter, mais pas elle...Elle ne leur cédait pas d'un pouce..Elle sortait aux mêmes heures,  savait qu'ils l'attendaient dans le petit chemin qu'elle empruntait pour rentrer chez elle, ils l’entraînait dans une remise à foin afin que personne ne les voient faire leurs petites saloperies et la bagarre commençait..Elle ne faisait pas le poids mais se battait vaillamment...ça durait 10 à 20  minutes, elle saignait du nez, une fois il lui cassèrent une dent...J'ai assisté une fois à cet abattage en règle, d'autres élèves étaient là qui encourageaient les tortionnaires par leurs cris...j'ai pris la fuite lâchement...j'étais terrorisée...

Ce soir là, alors que je m'étais réfugiée en pleurant dans le placard sous l'escalier , la porte s'ouvrit et je vis apparaitre mon frère...Il s'installa tout près de moi sans un mot....Il me tendit un mouchoir et  me dit : "raconte!"

J'ai tout dis, tout ce que j'avais subi, tout ce que cette gamine subissait, tous ces adultes qui s'en foutait....et moi qui n'en pouvait plus d'avoir peur, qui n'avais pas d'amis , qui n'osais pas vivre pleinement ma scolarité de peur de me faire tabasser....Je le voyais serrer les dents, j'ai même vu une larme pointer dans ses yeux.....Pourquoi n'as tu rien dit ? je l'ai regardé....je n'ai pas eu besoin de parler, il savait qu'il n'avait pas été présent, ni pour moi, ni pour les parents...

Ce soir là, on s'est parlé comme jamais...il m'a parlé de ses frustrations, de cette vie qu'il n'acceptait pas, de son incompréhension ...Les parents n'avaient rien expliqué de leurs problèmes, on s'était retrouvé dans le camion de déménagement sans une explication...

Il leur en voulait de ce silence, il avait 17 ans, il pouvait comprendre....
c'était les vacances de Noël, cette parenthèse sans école allait nous faire du bien à tous...Notre père ne travailla pas durant une semaine et fut plus disponible...On put reprendre le dialogue, des questions furent posées, sans crainte...Mon père y répondit, et pour la première fois depuis bien  longtemps on le vit détendu ...Car  il  aurait peut être une bonne nouvelle à nous annoncer pour Noël...La boite qui l'embauchait cherchait un comptable, son patron appréciait  beaucoup son courage et sa détermination et c'était lui qui lui avait proposé ce nouveau job...Notre mère, elle, venait de passer un entretien...Un poste de secrétaire était à pourvoir dans la même entreprise que lui... et si tout fonctionne bien, mon patron nous propose d'occuper une maison tout près de l'entreprise...Une belle maison qu'on pourra acheter en location-vente...

Que des  bonnes nouvelles pour Noël...mon frère et moi, n'eûmes pas le courage de parler du harcèlement  scolaire . Ils étaient heureux, à quoi bon assombrir ce bon moment qu'on passait tous ensemble !
Il y eut des belles journées pleines de complicité entre mon frère et moi....Bientôt l'école reprendrait et rien que d'y penser la nausée montait....

Mon frère me rassurait, il prenait mon bien-être très à cœur...Je te promets que les choses vont changer, fais moi confiance!
Je ne savais pas ce qu'il complotait, mais il y eut des coups de fils, des rencontres à l'extérieur d'où il revenait le sourire aux lèvres ....
Noël fut superbe! mes parents rassurés sur leur sort, nous firent des cadeaux , un beau sac d'école pour moi, un abonnement sportif pour mon frère,  on veilla tard, on eut même droit à un petite coupe de champagne...

Le jour de la rentrée arriva trop vite.....Ma mère fut étonnée quand elle me vit descendre avec mon bon vieux sac...Tu ne portes pas le nouveau m'interrogea t elle? Non, je préfère le garder encore un peu...celui là, fera bien l'affaire jusqu'à la fin de l'année...

Ils avaient obtenu tous les deux le travail qu'ils voulaient...et ce matin là, nous franchîmes à 4 la porte de l'appartement...Nous pouvions commencer à faire les cartons, on déménagerait  à la fin du mois !

Mon frère m'accompagna  jusqu'au collège...C'était bien la première fois qu'il le faisait! Je serai là ce soir à 16h et je t'attendrai dans le petit chemin, tu n'as aucune crainte à avoir !

J'étais rassurée de le savoir là...Toute la journée, j'ai essayé de parler à Marie, afin qu'elle parte en même temps que moi...à deux, avec mon frère, on ne risquait pas de se faire attaquer...Mais je n'ai pas pu lui parler ...

Dès la sortie, l'attaque commença dans la cour...le sac de Marie vola dans les buissons et comme elle se penchait pour le ramasser, un des garçon la poussa fortement du pied afin qu'elle s' affale durement par terre... Deux profs discutaient dans la cour, ils virent tous les deux ce qui se passait, à part pousser un cri, pas un ne bougea...

Les 4 tarés sortirent en ricanant et se dirigèrent vers le petit chemin....  J'aidais Marie à se relever, et je lui dis de m'accompagner, mon grand frère serait là pour nous protéger...elle me suivit, un peu réticente...

Dès que nous arrivâmes dans le petit chemin, on stoppa net au spectacle qui se présentait à nous....Il y avait une quinzaine de grands gaillards qui faisaient un rempart autour des 4 bourreaux....Mon frère, des amis qui étaient au même lycée que lui, les 4 frères de Marie et leurs copains ....Ils poussèrent sans ménagement les quatre tortionnaires qui commençaient à ne plus crâner vers la remise ...on sentait la peur dans leur yeux! La  terreur avait changé de camp ...Mon frère nous demanda à Marie et à moi de rentrer chez nous...

Le chemin fut long jusqu'à la maison, le temps s'écoulait lentement...J'attendais le retour de mon frère avec impatience .....lorsqu'il rentra , il me prit dans ses bras et me dit : c'est fini....plus jamais, ils ne viendront vous torturer....

Le lendemain, j'abordais la cour de l'école le cœur un peu plus léger...Marie était là et me souriait....viens, me dit elle! Je la suivis à l'intérieur de l'établissement, et j'ai dû me mordre les lèvres pour ne pas éclater de rire ! les 4 tarés étaient là en piteux état...Non seulement ils avaient pris la raclée qu'ils méritaient, mais ils avaient tous les quatre la boule à zéro....les deux filles qui avaient des cheveux longs superbes, avaient le crâne rasé, ainsi que les deux garçons...leurs parents hurlaient près du bureau du proviseur, ils demandaient à ce que des têtes tombent...que les bandits qui avaient rasé leurs petits chéris se dénoncent, qu'ils allaient porter plainte.....

Je croisai leurs regards, et Marie, elle ,  éclata de rire !! cet éclat était si contagieux que tous les autres élèves se mirent à rire eux aussi ! il faut dire que nous n'avions pas été les seules à avoir été maltraités...Tous, dans ce collège les craignaient...et de les voir déplumés ainsi ça nous réconfortait , ça nous mettait du baume au cœur...
Une enquête fut ouverte....Mais personne ne connaissait la bande de jeunes qui avaient puni ces malheureux ...et même si certains en connaissait, personne n'osa ouvrir la bouche !

Rapidement les parents changèrent leurs rejetons d'école ...Mais comme ça avait fait la UNE du journal local ils ne passaient jamais inaperçus....Ces petites brutes avait trouvé plus forts qu'eux et n'étaient pas prêts de recommencer...

Curieusement, plus personne dans le collège ne s'amusa à ce genre de harcèlement...Le mot avait été passé et quiconque  prendrait  un gamin ou une gamine pour cible subirait la même chose que les 4 petits tondus....

Nous changeâmes de maison, la vie devint plus douce dans la nouvelle maison....les années au collège passèrent très vite et mes notes s'envolèrent comme par magie !
J'abordai le lycée avec beaucoup plus de  sérénité...Mon frère y avait passé 3 ans et avait laissé de bons souvenirs dans la tête des profs... Je me suis fais plein d'amis mais souvent, je pense  à la petite souris que j'étais lors de mon arrivée en 6 ème....et souvent je pense à tous ces jeunes qui subissent encore les sévices de gamins trop surs de leur impunité...Souvent je me dis que les profs, les adultes ne sont pas assez attentifs à la souffrance scolaire, et qu'il faut de temps en temps les rappeler à l'ordre...

C'est ce que je fais dans le journal que j'écris avec quelques camarades...Chaque mois différents sujets sont abordés, et une boite à idées est mise à la disposition des élèves....Chacun peut y parler anonymement ou pas, de ce qui le préoccupe....Avec le proviseur et les professeurs nous nous réunissons chaque mois...Parfois, pour dire tout ce qui va bien, mais aussi pour dire ce qui va mal...et chacun fait un bout de chemin pour améliorer le quotidien .....


Harcèlement .. (1)

Fiction.......

Elle se réveilla comme tous les matins avec la peur au ventre...cette peur dont elle ne pouvait pas parler, une peur cachée sous différents masques qu'elle se composait au fur et à mesure que la journée passait.....

Elle avait fait une entrée au collège le sourire aux lèvres, un peu craintive car elle passait dans la cour des grands, mais elle se réjouissait à l'avance de toutes les nouvelles copines qu'elle allait se faire...

Ses parents avaient déménagé à la fin de son CM2 et elle se retrouvait dans une ville où tout était à découvrir ! Elle avait dû, le cœur gros, faire ses adieux à ses amies du primaire, des amies qui avaient été en même temps qu'elle à la maternelle et qui avaient comme elle appris à lire et à écrire sous l'œil bienveillant d'une maîtresse à l'écoute....

La ville où son père avait trouvé un nouvel emploi, restait une inconnue pour elle.....Ses parents rencontraient de grosses difficultés financières et ils avaient été obligés de partir rapidement de l'appartement confortable qui était le leur....
Elle avait pleuré le jour de l'emménagement dans le nouvel endroit choisi par ses parents...Son frère aîné, du haut de ses 15 ans, avait piqué une crise monumentale..."je refuse d'habiter ce taudis hurlait il"...et elle, elle  s'était cachée dans le placard de l'entrée, se bouchant les oreilles pour ne plus entendre les cris....
Depuis, il faisait la tête..n'adressant plus la parole à personne, restant la journée entière sur ses jeux vidéos, les écouteurs sur les oreilles....Elle avait essayé de lui parler, de se rassurer, mais il avait hurlé sur elle tellement fort qu'elle s'était une fois de plus carapatée dans le placard sous l'escalier....

L'ambiance était électrique à la maison...Notre père rentrait le soir épuisé de sa journée..Il avait dû prendre un emploi qui ne correspondait pas du tout à celui qu'il faisait auparavant...Il avait exercé le métier de comptable dans une petite entreprise qui avait fait faillite...22 ans de travail derrière un bureau..là, pris à la gorge par les dettes qui s'était accumulées il avait pris un boulot sur un chantier...Il y faisait tout et n'importe quoi...maçon, électricien, posait du carrelage au besoin..ponçait les murs....on pouvait lire chaque soir sur son visage la fatigue, la douleur et le découragement...J'avais peur quand il rentrait...peur de ses yeux sans vie, de ses mains crevassées, de ses cheveux blanchis de plâtre...

Il passait sous la douche et reprenait un semblant de normalité...je pouvais alors m'approcher, lui caresser la main, lui montrer juste en le regardant que je comprenais sa détresse...Il souriait alors, parlait de choses et d'autres, donnant un coup de main à ma mère en cuisine...Nous passions à table, mon frère indifférent et moi qui babillait pour occuper l'espace... les repas étaient simples, chaque sou était dépensé avec parcimonie, et pourtant ma mère faisait des prouesses pour qu'on ne se rende compte de rien...

Lorsque je fus inscrite au collège et mon frère au lycée, nous avions vite compris que cette année il n'y aurait pas d'achats de fournitures scolaires...Nous allions devoir nous servir de ce que nous avions déjà...Pas de nouveaux sacs, la liste que mon frère avait du lycée ne permettait pas de folies...Il voulait un agenda à la mode, mais qui coûtait deux fois plus cher que ce qui était prévu...Il batailla ferme pour l'avoir , menaça de ne rien faire au lycée, menaça de sécher les cours si ma mère n'accédait pas à ses demandes....Elle dut, la mort dans l'âme céder à ses demandes...quand je vis ses yeux plein de larmes j'ai eu envie de le cogner ce frère indifférent...ce frère capricieux qui ne voyait rien des difficultés que nos parents traversaient...J'ai serré très fort sa main, et je lui ai dit que mon vieux sac  ferait très bien l'affaire...elle a souri et j'ai senti son soulagement...

J'ai donc fait ma rentrée au collège sans affaires neuves...ni fringues neuves..ni chaussures neuves...c'était pourtant le rituel avant ! je me souviens du plaisir qu'on ressentait à chaque rentrée scolaire ,  ma mère et moi, on dévalisait les magasins, rien n'était trop beau....mais ça, c'était avant....avant la perte d'emploi.....
Lorsque je suis arrivée dans la cour, je ne connaissais personne..Ma mère m'avait accompagnée jusqu'à la grille, et m'avait lâchée dans un endroit inconnu...Plein de rires, de cris, de jeunes ravis de se retrouver....et moi, j'étais seule...je me suis mise à l'écart, près d'un petit muret attendant que sonne l'heure de la rentrée..

Le collège avait  un fonctionnement complètement différent de l'école primaire...chaque heure, tu devais  te rendre dans une nouvelle classe, chaque heure tu devais  faire face à un nouveau prof ...et j'avais déjà l'angoisse au ventre à l'idée de me perdre dans ces multiples couloirs..

Premier cours avec la prof principale...Français, histoire , géo...On allait la voir assez souvent et dès son arrivée j'ai senti que ça n'allait pas être simple...grande , blonde, fermée, elle nous toisa d'entrée et nous interpella d'une voix froide...Assis ! Prenez une feuille de papier, inscrivez vos noms prénoms date de naissance, profession du père et de la mère....

Je m'étais installée au fond de la classe à une table restée libre et je sortis ma trousse et mes feuilles de copie...En levant la tête je vis toutes les autres élèves en faire autant....Je pense que j'ai été la seule à avoir une  vieille trousse, constellée de cœurs, de noms de mes chanteurs favoris,  constellée de taches d'encre...ma bonne vieille trousse quoi ! que je traînais depuis des années parce que je l'aimais bien, parce que mes copines l'avaient signée et qu'elle m'était précieuse....Malheureusement pas aux yeux des autres..

Nom, prénom, date de naissance...ça allait ! profession du père? je savais pas ce que mon père faisait..Il travaillait dans le bâtiment, mais est ce que c'était un métier? et ma mère ne travaillait pas...que devais je inscrire ? mère au foyer ?
Alors j'ai été au plus simple...J'ai mis comptable et secrétaire....c'était pas complètement un mensonge puisque c'était  ce que faisaient mes parents dans notre vie d'avant....

La première heure ne fut pas aussi catastrophique que je l'aurais cru...Pour pouvoir nous évaluer elle nous fit faire une dictée et une dissertation....La deuxième heure, c'était les corrections de ce que nous venions de faire...
J'étais assez bonne en français et ça m'avais  paru assez simple...Seulement, le niveau de la classe n'était pas très élevé, et lors de ces corrections les moqueries de la prof rendirent les élèves furieux...Elle lisait à voix haute les dissertations, soulignant les fautes, appuyant fort sur les points faibles, disant qu'elle allait avoir une année difficile avec des élèves aussi peu évolués...

Je me racrapotais dans mon coin, crevant de trouille dans l'attente du jugement..et quand ma feuille arriva entre ses mains j'ai compris immédiatement que j'allais payer au centuple le fait d'être bonne en français....
Elle lu sans commentaire ce que j'avais écrit....et puis, elle commença à me féliciter à dire à quel point j'étais brillante et que chacun devrait prendre exemple sur moi....qu'enfin, elle avait une élève digne des cours qu'elle allait nous prodiguer....

J'étais écarlate, je sentais les regards envieux des autres..j'entendis des réflexions mauvaises sur ma tenue, sur mon sac, ma trousse.....J'essayais de sourire, mais c'était plutôt une grimace que je faisais...
Lorsque les deux heures furent passées, il y eu un temps de pause, avant de rejoindre la nouvelle salle de classe...Je pris bien soin de sortir la dernière, pour ne pas avoir à subir les moqueries ...à peine arrivée dans la cour, j'ai compris que le primaire ne nous avait  pas appris à nous débrouiller au milieu des loups...car c'est l'impression que j'ai eu...J'étais le pauvre petit lapin effrayé par les phares, faisant face à une meute qui n'avait qu'une envie : m'écharper vivante...

Les brimades commencèrent dès le premier jour d'école....Au début ce furent des moqueries ...Je ne répondais pas, baissais la tête et m'approchais au plus près des adultes présents sur les lieux...Un jour, trois filles me coincèrent dans les toilettes, elles me cognèrent la tête sur le carrelage des murs, faisant voler mes affaires, les piétinant...Je récupérais gomme et crayons dans l'eau douteuse des WC...je ravalais mes larmes car j'avais remarqué que mes pleurs les excitaient encore plus......
J'ai dû apprendre à feinter, à ruser; à me réfugier dans les toilettes au moment de rentrer le soir....en sortit 20 minutes plus tard, à raser les murs sans me  faire remarquer ...

Je ne mangeais pas à la cantine le midi, Dieu merci ! j'y ai mangé une seule fois, et elles ont déversé du sel dans tous mes plats....renversé l'eau de leur verre sur la chaise où je m'asseyais...j'ai dû supplier ma mère de me faire un sandwich pour le midi...sandwich que je mangeais enfermée dans les toilettes , me faisant toute petite afin "qu'elles" ne me trouvent pas...

Un jour, après qu'elles aient découpé au cutter la capuche de mon manteau, j'ai pris mon courage à deux mains et je suis allée parler à un surveillant... Je lui ai expliqué ce que je subissais depuis la rentrée, et sa seule réponse fut un sourire goguenard ! apprend à grandir m'a t'il répondu ! ça forge le caractère ce genre de bêtises, ça apprend à vivre !

Je suis repartie la rage au ventre, bien plus en colère contre lui que contre mes tortionnaires...je ne pouvais pas en parler à la maison, ma mère avait assez de soucis comme ça...Elle s'inquiétait pourtant, chaque jour elle me demandait si tout se passait bien...Je la rassurais en riant....quand inviteras tu des copines à la maison me suggérait elle? je ne répondais pas, éludais le sujet....

Mes notes commençaient à s'en ressentir, en français je m'attirais les foudres de la prof qui me disait à quel point elle était déçue par mon minable travail...Je ne tenais pas à en rajouter, car  bien travailler était synonyme de raclée à la sortie..
Lorsque mon premier bulletin de notes arriva , j'ai su en voyant la tête catastrophée de ma mère qu'il allait falloir que je m'explique..mon père, était assis au bout de la table, un verre de vin à portée de main, l'œil pas clair...il commentait mes notes d'un air désespéré.. Mais que se passe t il ? pourquoi cette moyenne minable?  L'année dernière tu étais première dans toutes les matières, cette année tu nous fait honte !

Je pleurais doucement dans mon coin, ne sachant quoi dire... mon crétin de frère prit ma défense en les accusant froidement ! c'est de votre faute si ses notes sont minables, on vit dans un endroit minable, tu fais un boulot minable, on a perdu nos repères depuis le déménagement et vous vous en foutez de nous ! Il quitta la pièce en donnant un coup de pied dans une chaise et on resta là, à se regarder, hagards....

Je regagnais ma chambre, promettant de faire mieux...il allait falloir doser dorénavant ! se débrouiller pour avoir la moyenne sans se faire trop tabasser...
La sixième passa....la cinquième arriva ! j'avais grandi.... 10 cm de plus que l'année d'avant....Plusieurs de mes bourreaux avaient redoublé, j'en avais découvert  d'autres qui avaient essayé de me faire passer pour un punching ball. 
Je me laissais moins faire, je m'étais endurcie...D'autres nouvelles gamines étaient harcelées..Je me tenais loin des querelles et des coups...La vie m'avait donné quelques  bonnes leçons que je n'étais pas prête d'oublier...

Je n'avais pas essayé de me faire d' amis, j'étais un peu marginale et ne me reconnaissais dans aucun des groupes qui gravitaient autour de moi...


Il y avait une gamine, Marie,  qui était en sixième  et qui subissait les mêmes sévices que j'avais encaissé..Mais elle était bien plus combative que moi, et elle n'hésitait pas à répondre , à se plaindre à la direction...Elle avait 4 frères  un peu plus âgés et elle avait dû se battre pour se faire une place dans la famille..On sentait la hargne qui l'habitait..Je ne pouvais m'empêcher de l'admirer , elle était  tellement forte, bien plus que moi, elle rendait tous  les coups ,  et plus elle se battait,  plus elle attisait leur méchanceté ...ils étaient  4 redoublants , c'était les 4 qui m'avaient pourri la vie durant toute l'année...2 garçons , 2 filles issus des quartiers chauds de la ville..

dimanche 5 novembre 2017

"Il automne."..Barbara

Barbara chantait......quelques photos du jardin dans les Vosges qui a revêtu ses couleurs d'automne........



"Il automne, à pas furtifs, 
Il automne à pas feutrés, 
Il automne à pas craquants 
Sous un ciel pourpre et doré. 
Sur les jardins dénudés 
Se reflètent. en transparence 
Les brumes d'automne rouillées, 
Rouillées 
Dans la forêt de tes cheveux 
Aux senteurs de poivres mêlés 
Et sur nos nuits de mi-novembre, 
Il automne miraculeux, 
Il automne miraculeux. "



Le gincko Biloba, l'arbre aux mille écus....
plus bas , en rouge le Liquidambar.....il a eu du mal de pousser mais il commence à prendre de l'ampleur....




La rosée du matin.....
  Les toiles d'araignées font un voile de mariée dans les buis...




Allez ! partons en voyage, le rose au coeur, vers l'hiver......