Chapitre 5
C'était une première pour toutes les deux ! Nous n'avions jamais pris l'avion et n'avions jamais quitté notre région...C'était vraiment une belle aventure qui s'ouvrait devant nous !
J'avais éteint mon téléphone afin de plus avoir à répondre à mon fils...
Moi, contrairement à lui j'enverrais des cartes postales !
Luce fermait les yeux , je crois qu'elle ne voulait pas voir l'avion décoller ! Moi je voulais tout voir, tout ressentir...ça faisait trop longtemps que j'étais endormie..
Je guettais René du coin de l'oeil et je le trouvais bien séduisant..c'était étrange cette sensation que je croyais avoir oubliée...Après la mort de Marc, seuls les enfants avaient retenu mon attention...Je n'imaginais même pas pouvoir ressentir des sentiments pour un autre homme..J'avais donc laissé de côté toute coquetterie, toute envie de plaire...
Et là, je me surprenais à faire des efforts, à mettre de nouveaux vêtements, à soigner ma coiffure....René était le premier homme que je regardais vraiment..et ce que je voyais me plaisait..
Luce ouvrit les yeux et comme elle était côté hublot elle regardait émerveillée les nuages qu'on traversait..
-Non ! Mais tu te rends compte ?? on part en Grèce avec un homme que je connais à peine mais qui est charmant....et nous allons toi et moi partager toutes les belles choses qui voudront se présenter à nous ;..Tu trouves pas que c'est fou ??
-Ouais !! complètement ouf comme dirait mon petit fils !!
Je la vis qui guignait du côté de René qui lui était plongé dans un magazine...
-Dis moi, il y a quelque chose entre vous deux ?
Je piquai un fard et je m'empressai de répondre : « mais non ! Quelle folle tu es ! Ce n'est qu'un ami d'enfance que j'ai été ravie de retrouver !Nous partageons plein de souvenirs et nous avons plein de goûts en commun mais c'est tout !! »
Pourquoi ai je répondu aussi catégoriquement qu'il n'était rien pour moi ? Alors que je sentais mon cœur battre plus vite lorsqu'il était près de moi ? Je n'avais pas envie de parler tout de suite de ces étranges sentiments qui m'envahissaient...
La voix du commandant de bord nous annonça le temps qu'il faisait en Grèce et que nous allions bientôt atterrir ! Le temps avait filé à une vitesse folle !
Nous nous retrouvâmes rapidement sur le tarmac prêts à nous lancer à la recherche de nos bagages...
René, en grand voyageur qu'il était ; nous guida avec célérité vers le tapis roulant...On récupéra les valises et on se retrouva hors de l'aéroport, un peu éberluées, dépaysées incapables de comprendre la langue des hommes qui voulaient à tout prix nous emmener à l’hôtel dans leurs taxis !
Après un trajet d'une demie heure les lumières de l'hôtel nous accueillirent gaiement. Nous étions au même étage Luce et moi ...J'avais le numéro 209 et elle ; le numéro 214...René était à l'étage supérieur !
Un peu comme des petites filles nous naviguions d'une chambre à l'autre, comparant les avantages de l'une ou de l'autre !
-Tu te rends compte, on a un petit frigo dans la chambre, rempli de petites bouteilles ; on va pouvoir être pompette tous les soirs !
-Moi ça sera le chocolat qui fera mon bonheur !! et si on s'habillait un peu plus léger pour aller dîner ??
Nous avions quelques heures devant nous et je décidai de prendre un bon bain, rempli de mousse !! le luxe insolent !
Un peignoir douillet accueillit mes vieux os et j'en profitai pour refaire une petite retouche maquillage et cheveux..
Un petit toc toc vint interrompre mes préparatifs....René était là, à la porte, détendu lui aussi ! Il avait fait comme moi ; le fait de paresser dans un bain chaud l'avait remis à neuf !
-On descend ? Dans quelle chambre est Luce ?
-Juste un peu plus loin....un petit coup de fil et elle va nous rejoindre !
j'aurais voulu parler avec lui de ce merveilleux voyage, de voir si nous ressentions les mêmes émotions mais Luce apparut dans l'encadrement de la porte, svelte et légère dans une robe gris perle qui faisait ressortir le bleu de ses yeux !
René la félicita sur son apparence et s'empressa de lui offrir son bras....
Je me retrouvai un peu bête, un peu à l'écart, mais lorsqu'on on est trois c'est souvent le cas...
L'ascenseur nous déposa dans le hall...Il était 18h et nous décidâmes de faire un petit tour à l'extérieur...
ça me semblait trop idyllique pour être vrai...Moi, qui était dans la déprime il y a 6 mois qui envisageait de rentrer en maison de retraite, j'étais dans un hôtel magnifique entourée de deux amis sympathiques, qui m'écoutaient et m'entouraient de leur amitié...
Je fis provision de cartes postales dans la boutique de l'hôtel, j'avais bien l'intention de tenir ma promesse et de les écrire !
Les trois premiers jours se passèrent dans une ambiance de rires, de grandes discussions, d'explications de René qui était un merveilleux pédagogue... je m'attachais à lui de plus en plus, et je me surprenais à rêver d'un avenir plus rapproché...
Et puis, une nuit, je fus malade ! Ça avait commencé par un mal de tête épouvantable dans l'après midi et j'avais laissé mes amis partir à Athènes ;moi, j'étais restée dans l'ombre de ma chambre une serviette mouillée sur le front...
Ils étaient passé me voir avant le repas du soir, mais j'avais préféré ne rien manger afin d'être plus en forme pour le lendemain...
Je m'attendais à ce que Luce passe me voir en remontant du restaurant, mais comme il était 22h j'éteignis ma lampe pensant qu'elle était partie se coucher …
à 2h du matin, de fortes nausées me firent sortir du lit...
J'avais pensé à toutes sortes de médicaments mais pas le vogalène...Tout doucement, je me dirigeais vers la chambre de Luce ..Peut être en avait elle dans sa pharmacie ?
Je toquais à sa porte...une fois, deux fois....j'hésitais à frapper trop fort pour ne pas réveiller les voisins.....et j'entendis du bruit...et j'entendis chuchoter....
La porte s'ouvrit sur une Luce à moitié endormie....
-Mais que se passe -t-il ? Tu es malade ?
-Je n'en peux plus de vomir ! Aurais tu emporté du vogalène par hasard ? Et comme je trouvais qu'on faisait trop de bruit dans le couloir, je me glissais dans l’entrebâillement de la porte....et je me trouvai nez à nez avec René, un peu gêné, enveloppé dans un peignoir de bain...
-oh quelle petite mine tu as me dit il ? Ça ne va pas mieux ?
-Non ! Les nausées et les vomissements me mettent à plat lui dis- je et je crois que je vais faire appel au toubib de l'hôtel si Luce n'a pas de Vogalène...
Luce était mal à l'aise, génée...René l'était lui aussi et moi, je ne pouvais pas montrer ma détresse...ça ne se faisait pas ! Allez Louise ! Relève la tête et souris ; tu ne dois rien montrer !
René se proposa de descendre à l'accueil pour expliquer mon problème...
Les premières minutes furent pénibles entre Luce et moi...Elle ne savait pas comment me dire l'attirance qui avait tout de suite existé entre eux...
Je l'ai mise tout de suite à l'aise en lui disant à quel point j'étais heureuse de leur complicité même si au fond de moi quelque chose était en train de se briser...
René réapparut avec le médecin qui me donna de suite le médicament qu'il fallait et je repartis dans ma chambre les laissant heureux dans la leur....
Que dire ? J'ai pleuré toute la nuit...j'ai pleuré sur ce qui aurait pu être, j'ai pleuré sur quelque chose qui n'avait pourtant pas commencé...j'ai pleuré sur ma bêtise, sur mes projets d'avenir avec quelqu'un....
J'ai encore gardé la chambre le lendemain...et ils sont partis main dans la main pour une visite au Parthénon...
La Grèce n'avait plus le même attrait pour moi, j'aurais préféré y être seule, car les voir tous les jours aussi proches l'un de l'autre me faisait mal...
Nous avions pu parler Luce et moi, et elle avait été tellement contente lorsque je lui avais dit qu'il n'y avait rien entre nous...René lui avait plu tout de suite, et elle ne se serait jamais aventuré à répondre à ses avances si j'avais eu une inclinaison pour lui...
Je la rassurais du mieux que je pouvais et je vous assure que c'était une sacrée prouesse, car au fond de moi ça hurlait...
Je me traînais littéralement chaque jour, le sourire aux lèvres, personne n'aurait pu deviner ma détresse...
Enfin, ce fut le départ ! Ma valise était déjà prête depuis deux jours !
Luce et René rayonnants m'attendaient dans le hall..
De les voir aussi épanouis et heureux me donna un peu d'aigreur ! Mais vite, je plaquais un sourire béat sur mon visage et nous partîmes vers l'aéroport...
J'appréhendais les 3h de voyage, le bavardage de Luce et puis j'eus une idée qui les fit fondre, je proposais à René d'échanger nos places, comme ça ils pourraient continuer à roucouler sans gêne …
Je ne me retournai pas une seule fois durant ces 3 heures...J'avais fermé les yeux et laissé mon esprit vagabonder...J'étais contente à l'idée de retrouver mon vieux chat qu'une voisine était venue nourrir...contente de ré endosser mes vieilles fringues, contente de ne plus jouer de rôle....
Allez ! Encore quelques heures et je pourrais lécher mes plaies tranquillement....
Allez une p'tite toile !! Un peintre que j'adore ! qui peut mieux que lui peindre la solitude ???
Edward Hopper 1882/1967
Aïe !
RépondreSupprimerj'attends la suite Chaourcinette ...
dur ! dur ! La réalité n'est pas toujours rose !! comme on dit "c'est la vie !!" à demain Josette ! bisous
SupprimerTout pile!!!! ah ah ah! j'avais vu juste... j'aurai pu écrire exactement la même suite. j'ai eu la bonne intuition, mais c'est sans doute parce que je connais bien la vie, hein? et toi aussi.
RépondreSupprimerDu coup, ça pourrait s'arrêter là, mais non, n'est ce pas? il y a encore des surprises à venir, je pense.
Quant à cette toile de solitude.... il manque le chat!
A bientôt et plein de bisous
j'étais sûre que tu devinerais !! j'allais quand même pas la rendre heureuse immédiatement ! trop simple !! lol Demain la suite !!
Supprimeroui, tu as raison pas de chat chez Hopper ! sans doute que ces p'tites bêtes là ne peuvent pas rester immobiles lontemps !! plein de bisous !
NAN NAN, On ne baisse pas les bras, en amour tous les coups sont permis, allez ce n'est qu'une passade, René après cette attirance pour Luce reviendra vers Louise... A moins que louise ...bref vivement demain.
RépondreSupprimerCette toile est très jolie et mélancolique et colle parfaitement au sentiment présent de Louise
Belle Journée
lol !! comme tu dis en amour tout est permis, mais Louise n'a pas tous les codes !! elle ne sait pas encore lutter pour changer le cours des choses ! à demain pour la suite !! bises !
SupprimerRené doit bien avoir un frère jumeau, non ? Un cousin ? Un ami ? Bref, quelqu'un qui aime les chats et les vêtements confortables ? Et plein d'autres choses ... ;)
RépondreSupprimeron va voir !! pour l'instant elle vient de se réveiller...C'est fou comme c'est fragile une femme qui est restée endormie trop longtemps ! à demain !! bisous
SupprimerAh c'est ballot ! Il a du succès ce René et peu de concurrence, dommage un beau grec aurait pu faire l'affaire !
RépondreSupprimerJ'ai du retard, pas beaucoup visité les blogs à cause d'une gastro que nous nous sommes repassés, mais je vais me rattraper.
Gros bisous ma douce, j'espère que ce n'est pas trop dur pour toi
oui c'est ballot !! Louise n'a pas su profiter de l'avantage qu'elle avait !! soigne toi bien ! tu as le temps de lire !! le traitement me fait tourner la tête, me donne la nausée...on va positiver ! ce n'est que le début !! gros bisous ma belle !
Supprimer