Chapitre 4
On se précipita dans la chambre et il s'écroula dans les bras de sa petite amie....On dût s'y reprendre à plusieurs fois pour lui expliquer l'horreur que venait de subir Candice ! Il voulait tout casser, tuer tout le monde...L'alcool était encore dans ses veines et le faisait délirer..
-Candice ne veut pas porter plainte...
Si elle ne va pas à la police, le gars va s'en tirer comme une fleur ! Là, elle a encore des indices sur elle, de l'ADN, des hématomes....si on veut qu'il soit puni, il faut aller porter plainte..
Mais Candice pleurait tellement fort, que nous primes la décision de partir...Nous sortîmes par le jardin afin de ne voir personne, afin que personne ne puisse soupçonner le traumatisme qu'elle avait subi...
Théo les déposa à la maison vers 3h1/4..et nous deux repartîmes sur la fête dans l'espoir de coincer ce salaud de violeur...Je passais chaque personne en revue, aucune ne ressemblait au gars entrevu dans le couloir...
Après une heure de déambulations il fallait se rendre à l'évidence , le mec s'était barré..Il m'avait bousculée et avait pris la poudre d'escampette !
-Rentrons dis je à Théo..C'est trop tard ! Il faut absolument qu'on récupère les fringues de Candice, qu'on les manie prudemment et qu'on les mette dans un sac plastique..Si, dans les jours qui viennent elle veut porter plainte, on aura au moins quelques indices à donner aux gendarmes..
à peine rentrés, nous rhabillâmes Candice avec un jogging de ma mère, sans lui expliquer pourquoi...Elle était encore tellement choquée qu'elle n'aurait pas voulu se laisser faire...
Je l'obligeai à avaler un lexomil et elle vint se coucher dans ma chambre...J'avais peur de ses réactions au réveil si elle se retrouvait seule chez elle...
Ma mère nous trouva tous les trois attablés devant un café...Pas de bagarre, pas de rires ce dimanche là ! On était sonnés et on ne pouvait pas parler de ça aux adultes...
Je filais dans ma chambre sans faire de bruit....
Candice dormait d'un sommeil agité ...Elle avait la lèvre enflée et des bleus plein les bras..Discrètement je pris quelques photos avec mon téléphone, au cas où elle changerait d'avis..Il nous fallait un maximum de preuves...
Vers midi, Candice ouvrit les yeux...Léo était près d'elle et je les laissai ..Je savais qu'il se sentait coupable de ne pas être resté avec elle toute la soirée ; coupable d'avoir trop bu..S'il était resté sobre comme Théo rien de tout ça ne serait arrivé...Mais c'était la fête, et Candice elle aussi avait bu..Plus que de raison...et elle s'en voulait de n'avoir aucun souvenir de ce gars...Je ne le connaissais pas répétait elle ! Je te jure que je ne le connaissais pas..
La journée allait être longue !j'essayais de me remémorer les instants où il m'avait bousculée...était il plus âgé ? J'avais estimé sa taille à 1,85m , de corpulence moyenne...je cherchais un indice, quelque chose que j'aurais vu mais qui aurait disparu après la bousculade...d'apparence banale, sweat à capuche foncé et blouson foncé aussi...J'avais vaguement senti une odeur un peu musquée lorsqu'il m'avait poussée, mais pas de références pour la retrouver...et pourtant je le connaissais, j'en étais sûre, mais impossible de mettre un nom dessus...
Comment retrouver quelqu'un avec si peu ? Théo l'avait aperçu de dos, mais lui non plus n'avait rien remarqué de transcendant...
-Et si on allait demander à Florent qui nous accueillait s'il avait une liste pour les invités ?
-Je lui ai posé la question hier soir, il a ri en me disant qu'il avait croisé des gars et des filles qu'il ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam...les copains avaient emmené d'autres copains et ça avait fait un joyeux mélange et une soirée plus que réussie...
-Quel con ce mec ! Tu parles d'une soirée réussie ! Tu crois qu'on peut demander à Candice comment ça s'est passé ? Comment elle avait rencontré ce gars ?
-Laissons là récupérer un peu, mais tu as raison il faut qu'on lui parle avant que ça ne disparaisse de sa mémoire..
Dans l'après midi, on se retrouva tous les quatre, à l'écart des parents qui sentaient bien qu'il se passait quelque chose de pas normal...
-Candice, je sais que ça va être dur, mais tu peux te remémorer la soirée et nous dire ce que tu as fait ?
Les larmes coulaient sur ses joues et elle voulait qu'on la laisse, qu'on oublie...elle aussi elle oublierait et si Léo l'aimait toujours, c'est tout ce qui lui importait...De toute façon elle ne se souvenait de rien, elle savait même pas comment elle s'était retrouvée dans la chambre...Elle était en train de boire avec une bande d'amis, tout le monde riait, et puis..le trou noir...
-T'as une idée de l'heure qu'il était ?
-Je suis allée aux toilettes vers minuit, j'ai repris ma place dans le groupe, ainsi que mon verre...et puis plus rien...
Et moi, je l'avais retrouvée vers 2h30...un sacré trou !
Ce qu'on savait c'est qu'un violeur se trimballait dans la nature et qu'il pouvait s'en prendre à d'autres filles, il fallait absolument qu'on sache qui avait fait le coup...et on était coincés car Candice ne voulait pas que ça se sache, on ne pouvait même pas interroger les gens de la fête ça aurait semblé louche...Théo était sûr qu'elle avait été droguée, c'était très à la mode dans les boites !
-On fait quoi ???
-Rien ! On ouvre l'oeil et si on arrive à convaincre Candice de porter plainte on aura fait un grand pas...
Les semaines s'écoulèrent lourdement..J'avais perdu ma gaieté, j'arpentais les couloirs du lycée en scrutant chaque gars que je croisais ! C'était complètement ridicule, je savais que le violeur était plus âgé mais impossible de faire autrement...
Et puis, la vie repris le dessus, on alla à d'autres fêtes, parce qu'on était jeunes et un peu fous... Léo et Candice avaient rompus, je crois que le secret était trop lourd à porter...Léo buvait de plus en plus, devenait chiant avec elle, l'empêchait de bouger lorsqu'ils étaient en soirée...C'était infernal à supporter !
Un soir, après une soirée bien arrosée, sauf pour moi, Candice l'avait traité de tous les noms, disant qu'elle en avait marre de cette surveillance de tous les instants, qu'elle voulait vivre sa vie, et qu'elle ne l'aimait plus ! Chaque fois qu'elle le voyait, elle se rappelait cette soirée funeste et ça ne pouvait plus durer...Elle voulait oublier, aller de l'avant ! Avec lui ce n'était pas possible !
Il essaya durant une semaine de la joindre, il alla sonner à sa porte, et sa mère lui apprit qu'elle avait quitté la maison...qu'elle était partie vivre à Paris avec une amie ...Qu'il fallait qu'il l'oublie …
Lorsqu'il rentra ce fut vers mon père qu'il alla se réfugier...les semaines qui suivirent furent compliquées pour toute la famille mais on fit front...et la vie continua...
Jusqu'au jour où la police vint sonner à notre porte...
C'était un dimanche matin, et seuls les parents étaient levés...
Il y avait eu une fête la veille et ils enquêtaient car une jeune fille avait été violée...nous avons pu reconstituer la liste des personnes présentes et nous savons que 3 de vos enfants y étaient..
Ma mère cria nos noms dans l'escalier, et nous descendîmes les uns derrière les autres en grommelant que c'était pas une heure pour réveiller les honnêtes gens !
En voyant les visiteurs, on se calma ..Ils répétèrent ce qu'ils venaient de dire et je sentis mon cœur battre dans ma gorge à mille à l'heure...Les jumeaux étaient tétanisés, surtout Léo que je vis tituber...
On apprit qu'une des filles de la fête avait été violée et était à l'hôpital car elle avait été aussi frappée..Nous dûmes répondre à des dizaines de questions, chacun essayait d'être le plus concis possible..
Nous avions vécu une expérience malheureuse 6 mois auparavant, les parents n'étaient pas au courant, mais nous, chaque fois qu'on se rendait dans une soirée on se surveillait les uns les autres...J'avais l'oeil sur tous les participants et je ne m'amusais plus comme avant ...ça nous avait traumatisé mais nous ne pouvions rien dire à la police, Candice n'avait jamais voulu en parler..Elle vivait à Paris et Léo ne l'avait plus revue depuis son départ...
Le policier nous informa qu'une réunion avec tous les participants aurait lieu au gymnase afin de faire des prélèvements ADN...
Ce fut encore un triste dimanche ! Je m'en voulais de ne pas avoir repéré ce pourri...J'étais sure que c'était le même que pour Candice ! L'endroit où on avait retrouvé la victime était une chambre où tout le monde déposait ses affaires....
Allez une p'tite toile !
Marie Laurencin 1883/1956
Un violeur dans la nature ça fait culpabiliser mais quel traumatisme d'exposer son statut de victime...
RépondreSupprimerlà est tout le problème ! le statut de victime est traumatisant ! comment on s'en sort sans rien dire, c'est plus compliqué !
Supprimerbisous Josette !
Coucou Jolie Belle
RépondreSupprimerJ'arrive enfin...mais j'ai lu ce matin.
Pas beaucoup de temps à consacrer aux blogs aujourd'hui...le temps m'a manqué !
Bon, cette histoire est pile dans l'actualité...Hélas!!!! souvent trop tard pour les témoignages et de ce fait, d'autres subissent les mêmes violences et drames.
Quel dommage que la parole se bloque, des fois des années, avant de pouvoir se libérer . aussi, les coupables se croient intouchables... quelle tristesse
Bon, où vas-tu nous emmener maintenant? j'attends de lire... je ne fais pas ma curieuse impatiente. c'est bien aussi d'attendre la suite.
Je te souhaite une bonne nuit et je t'embrasse.
coucou à toi !! oui c'est un drame pour certaines qui osent en parler des années trop tard...Heureusement les femmes se rebiffent et le mouvement mee to a fait des adeptes partout dans le monde !
Supprimerou je vais vous emmener ?? ma foi, c'est la surprise !! lol
gros bisous et bon dimanche !!
Ces soirées où cette drogue des violeurs circule sont bien tristes, mais voilà si elle avait porté plainte peut-être que la suivante n'aurait pas subi le même sort...
RépondreSupprimerC'est mieux de parler à tous points de vue mais comment la forcer ?
Ce peinture nous montre une bien charmante dame très fleurie !
J'adore les toiles de Marie Laurencin !! grande douceur !
SupprimerOui c'est sûr que si Candice avait eu le courage de parler...Mais je ne suis pas sûre qu'on l'aurait appréhendé ! il avait pris toutes les précautions !
Je vais être encore passéiste et dire : "c'était quand même mieux avant !! lol"
Je trouve qu'on était plus en sécurité mais c'était un autre monde !
gros bisous
Il y avait moins de voyous, les enfants étaient mieux tenus et éduqués par leur famille, en effet tout cela nous était étranger ! C'est dangereux à présent d'être jeune, surtout qu'ils ont envie de s'amuser.
RépondreSupprimerMoi je n'ai pu danser que quand je suis partie étudiante à Toulouse c'était le rock and roll, super, mais on restait dans son milieu c'était les fameuses surboums !!!
Où j'ai rencontré mon ex... (hips)...
Ensuite une fois divorcée je suis allée en boite, avec des copines comme moi, ou avec le club de sport et on s'en payait de franches rigolades dans les années 70-80 mais sans aucun problème (et je savais me défendre) ! Remarque mon second mari je l'ai aussi connu en boite mais 15 ans après mon divorce, j'avais donné et rien ne pressait, c'était sur le tard je connaissais la musique !
Il faut qu'ils fassent quelque chose avec cette drogue invisible.
oui, il faudrait ! car c'est un fléau !! moi aussi je suis sortie comme toi dans les bals montés, ou à la salle communale...ensuite on faisait des boums chez les copines, mais jamais il n'y avait ce genre de trucs ! un peu de boisson, mais c'était limité car l'argent manquait !
Supprimerà présent la jeunesse veut vivre à fond et se défonce avec des produits extrèmement dangereux ! c'est bien triste !! bisous ma belle !