J'aime tous les oiseaux mais plus particulièrement les corbeaux... JE les nourris chaque jour sur ma terrasse, ils m'appellent, me reconnaissent dès que je sors.. une petite histoire....
Peintre née à Copenhague Inge Schuster
Elle venait toujours à la même heure.
Sans bruit, elle traversait les herbes hautes, s’asseyait au pied du tronc d'un arbre, toujours le même puis se laissait glisser jusqu’à s’allonger. Elle fermait les yeux... s'endormait parfois...
Alors ils arrivaient.
D’abord un seul, silhouette découpée dans le ciel. Puis deux. Puis une poignée. Bientôt, ils étaient une vingtaine, peut-être davantage. Les corbeaux se posaient avec précaution sur les branches, certains au sol, sautillant entre les fleurs sans jamais les abîmer. Leurs plumes noires brillaient dans la lumière.....
Ils ne criaient pas ...Ils parlaient bas.
Un croassement doux, presque tendre, roulait entre eux, comme une conversation secrète dont elle était le centre . Lorsqu’elle dormait, leurs têtes s’inclinaient légèrement vers elle. Lorsqu’elle bougeait, un frémissement parcourait le groupe, mais aucun ne s’enfuyait.
Elle les aimait.
Pas d’un amour bruyant ou naïf. Non. Dans le monde des hommes, elle s’était souvent sentie de trop, déplacée. Ici, au contraire, elle avait sa place exacte. Ni plus, ni moins.
Un jour, un enfant du village l’avait suivie en cachette.
Il s’était attendu à quelque chose d’effrayant. On lui avait dit que les corbeaux portaient malheur, qu’ils annonçaient la mort, qu’ils savaient des choses qu’il valait mieux ignorer. Pourtant, caché derrière les herbes, il n’avait vu qu’une scène étrangement douce.
Les oiseaux entouraient la femme comme une cour silencieuse. L’un d’eux s’était approché davantage, posant ses pattes près de sa main ouverte. Il avait penché la tête, puis avait émis un son si bas qu’il ressemblait à un soupir.
L’enfant n’avait pas eu peur.
Il avait même eu, l’espace d’un instant, l’impression que ces créatures veillaient. Pas sur le champ. Pas sur l’arbre. Sur elle.
Et peut-être… sur quelque chose en elle.
Lorsque le vent s’était levé, les fleurs avaient frissonné, les corbeaux s'étaient serrés les uns contre les autres....Aucun ne s’était envolé. Ils étaient restés.
Comme s’ils savaient qu’un jour, peut-être, elle ne se réveillerait pas tout de suite.
Et que ce jour-là, il faudrait être là.

Ton histoire est charmante et cette image aussi, cela me fait voir les corbeaux autrement !
RépondreSupprimerXavier en avait soigné un et fait un nid pour lui sous son toit mais ilo n'était pas fidèle et s'évadait tout le temps !!
Merci 😗 ce sont des oiseaux très intelligents et je nourris ce couple de corbeaux depuis des années.. dès qu'ils nous voient sur la terrasse ils nous interpellent 😅... ils se baladent partout et il y a des grands arbres dans le secteur... ils squattent un peu partout ! Bisous zoupinette 😘
SupprimerIl ne faut jamais juger sur les apparences, le corbeau n'est juste qu'un oiseau aux plumes noires ...
RépondreSupprimerUn texte trouvé par hasard d'un auteur inconnu...
*******************
Un jour, au cœur de l’automne, un vent puissant traversa la forêt. Le ciel se couvrit de nuages sombres, et les feuilles s’élancèrent dans une danse folle, emportées dans un tourbillon indompté. Au milieu de cette tempête, un corbeau, survolant les champs, heurta violemment la branche noueuse d’un vieux chêne. Dans un croassement étouffé, il s’écrasa au sol, l’une de ses ailes pendante, brisée.
Le corbeau tenta de se relever, d’ouvrir ses plumes, mais une douleur aiguë lui transperça le corps. Il comprit qu’il n’y arriverait pas seul. Alors, il leva les yeux vers le ciel, là où les oiseaux tournaient encore en cercles, et lança un appel empreint d’espoir :
— À l’aide… je ne peux plus voler…
Une pie, qui passait par là, le vit et ricana :
— Toi, l’orgueilleux, qui volais si haut et nous regardais de haut… Et maintenant, tu demandes de l’aide ?
Un merle, un chardonneret, même un geai volaient derrière elle. Aucun ne s’arrêta. Leurs regards fuyants portaient l’ombre du mépris ou l’indifférence.
Le corbeau baissa la tête. Seul, affamé, blessé, il sentit la foi l’abandonner peu à peu.
Mais soudain, d’un buisson proche, une voix douce, ténue, s’éleva :
— Je t’aiderai… si tu n’as pas peur de ma petite force.
C’était un moineau. Petit, discret, gris comme l’écorce d’un arbre. Il sautilla jusqu’à lui, tenant dans son bec une miette de pain dur. Puis il revint, portant une goutte d’eau, un abri de feuilles sèches, et construisit un nid au pied de l’arbre.
— Pourquoi fais-tu cela ? murmura le corbeau, surpris.
— Parce que tu es vivant. Et que si j’étais tombé, moi aussi, j’aimerais que quelqu’un ne détourne pas les yeux.
Les jours passèrent. Le corbeau, d’abord incapable du moindre mouvement, fut veillé, nourri, réchauffé par le petit oiseau. Le moineau partageait ses miettes, lui racontait la vie de la forêt, veillait sur lui les nuits glacées. Et quand, enfin, le corbeau put à nouveau déployer ses ailes, sa première pensée ne fut pas pour lui-même, mais pour son petit compagnon devenu plus cher que tous les autres.
Le printemps arriva dans un jaillissement de lumière et de chants. Mais un matin, alors que le moineau picorait des graines dans la clairière, un faucon surgit des buissons. Tout alla très vite — le moineau n’eut même pas le temps de piailler.
Mais soudain, une ombre noire fendit le ciel. Le corbeau, puissant et superbe, fondit sur le prédateur. Ses ailes claquèrent avec une telle force que l’air siffla. Il heurta le faucon de plein fouet et le fit fuir.
— Tu m’as sauvé… souffla le moineau.
— Non, c’est toi qui m’as sauvé le premier, répondit le corbeau. Et aujourd’hui je sais que la bonté ne se mesure pas à l’envergure d’une aile. Et qu’un cœur immense peut battre dans la plus petite des poitrines.
Morale :
Ne méprise jamais ceux qui semblent plus faibles que toi. Parfois, ceux que l’on croit insignifiants deviennent nos piliers. Et la bonté offerte sans rien attendre en retour revient toujours — au moment où l’on s’y attend le moins, mais où l’on en a le plus besoin.
*************
Magnifique fable.. elle m'a fait penser au colibri qui voulait éteindre un feu de forêt..".Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »
SupprimerEt le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »"
Mes corbeaux se chamaillent souvent avec deux pies.. elles sont impertinentes et elles les ont empêché de construire un nid dans le sapin juste en face de chez moi.. chaque fois que les corbeaux ramenaient des brindilles les pies venaient les enlever !! Ça a duré toute une après midi.. Les corbeaux ont abandonné !! J'ai adoré ton texte !! Merci au petit moineau pour le sauvetage ! Bises Marie 😘
J avais aussi de bons rapports avec un couplé de corbeaux
RépondreSupprimerToujours ensemble et fidèles
Ils aimaient les cacahouètes me laissant les enveloppes sur la terrasse...
Rhooo je ne savais pas qu'ils aimaient les cacahuètes 🥜 !! En général je leur donne viande et os.. ils n'aiment pas trop les légumes 😅 mais je vais essayer les cacahuètes encore dans leurs coques ça va leur donner un peu de boulot !! Gros bisous 😘😘
SupprimerJ'aime bien ton histoire et j'aime bien les corbeaux, des oiseaux très intelligents . Tous les matins, vers 6 heures, un corbeau me réveille avec son croassement un peu sinistre !
RépondreSupprimerOui c'est assez sinistre 😅 mais heureusement j'ai tout plein d'autres oiseaux qui chantent dans le jardin !! J'ai trouvé une application qui s'appelle Merlin bird que tu mets en route lorsque tu te promènes et tous les oiseaux que tu croises s'affichent... hier l'homme a croisé une fauvette, un rouge gorge, et un grimpereau des bois... je ne connaissais pas ce dernier et c'est bonheur de les écouter chanter...
SupprimerJe me joins à toi, à ton bonheur d'entendre le chant des oiseaux. J'imagine parfois qu'ils chantent pour moi :-))
RépondreSupprimerJe suis sûre qu'ils chantent pour chacun de nous.. cette application est magique et l'homme qui est un incorrigible marcheur m'enregistre toutes ses rencontres... lorsque je vais sur la terrasse je la mets en route... rouge gorge, merle et pouillot ce matin... ça discutait beaucoup !! Bisous 😘
Supprimer